Accord UE-États-Unis : une décision attendue la semaine prochaine au Parlement européen

Les députés européens s’apprêtent à reprendre leurs travaux sur l’accord UE-États-Unis, qui supprimerait les droits de douane sur une série de produits industriels et agricoles, la décision finale étant attendue mardi 10 février.

EURACTIV.com
[Getty Images/Christian CREUTZ_European Union 2026]

La proposition couvre une partie de l’accord conclu entre la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et Donald Trump à Turnberry, en Écosse, en juillet, en vertu duquel les droits de douane de l’UE sur les produits américains seraient supprimés en échange d’un droit de douane forfaitaire de 15 % sur les exportations européennes.

Les législateurs européens chargés du dossier lors d’une réunion à huis clos ce mercredi 4 février n’ont pas pu se mettre d’accord pour débloquer l’accord après que Donald Trump a renoncé à son projet d’imposer des droits de douane supplémentaires pouvant atteindre 25 % aux pays européens qui avaient envoyé des troupes au Groenland.

Toutefois, une décision finale sur la manière de procéder sera discutée lors d’une autre réunion le 10 février, a déclaré mercredi le négociateur socialiste Bernd Lange aux journalistes en quittant la salle.

Il a déclaré que les discussions avaient progressé « pas à pas » et que de nouveaux progrès la semaine prochaine pourraient ouvrir la voie à un vote le 24 février au sein de la commission du Commerce international (INTA) du Parlement, suivi d’un vote en plénière en mars.

« Il existe un terrain d’entente […] mais certaines questions restent en suspens », a affirmé Bernd Lange, faisant référence aux cinq conditions qu’il avait proposées en novembre.

L’eurodéputé allemand a ajouté que les autres élus avaient accepté d’inclure les menaces à la sécurité de l’UE, y compris l’intégrité territoriale, parmi les motifs de suspension des préférences tarifaires.

Les socialistes ont toutefois insisté pour maintenir les droits de douane sur l’acier et les produits sidérurgiques américains, à moins que Washington ne réduise ses propres droits de douane de 50 % sur l’acier européen, ont indiqué deux sources parlementaires à Euractiv.

Karin Karlsbro, négociatrice du groupe libéral Renew, a expliqué que l’accord devait être « à l’épreuve de Trump » pour pouvoir aller de l’avant. « Si les États-Unis menacent d’imposer de nouveaux droits de douane, introduisent de nouveaux droits de douane ou menacent les intérêts de l’UE en matière de sécurité, l’accord sera suspendu. »

Le Parti populaire européen (PPE, centre-droit), s’est montré moins satisfait du résultat. La négociatrice en cheffe du dossier, Željana Zovko, a déclaré que la réunion ressemblait à la cérémonie des Grammys, certains participants voulant « jouer les stars ». Elle avait appelé à une reprise rapide des travaux la veille, arguant que les entreprises européennes « ne peuvent pas attendre ».

Nicoletta Ionta a contribué à la rédaction de cet article.