António Costa appelle à renforcer la défense de l’UE et soutient l’accord commercial avec Washington

L’UE est bien équipée pour faire face aux crises actuelles, mais elle doit « faire un effort en matière de défense » si elle veut atteindre l’autonomie stratégique, a déclaré mercredi 1er octobre le président du Conseil européen, António Costa, à la presse espagnole.

EURACTIV.com
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Le président du Conseil européen, António Costa. [Getty Images/Horacio Villalobos_Corbis]

MADRID — Dans une interview accordée au quotidien espagnol El País avant la réunion informelle des dirigeants européens à Copenhague, le président du Conseil européen a mis en avant deux priorités : la mise en œuvre des rapports de Mario Draghi et Enrico Letta sur la compétitivité et le marché unique, et le renforcement de la défense et de la sécurité.

« Il y a 27 pays, 27 perspectives. Il est normal d’arriver avec des points de vue différents ; l’important est de repartir avec une voie claire à suivre », a déclaré l’ancien Premier ministre portugais, désormais à la tête de l’institution qui réunit les chefs d’État et de gouvernement du bloc.

Commerce et relations transatlantiques

António Costa a défendu l’accord commercial controversé conclu avec le président américain Donald Trump au début de l’année, qui plafonne les droits de douane sur les produits européens à 15 %.

Interrogé pour savoir s’il pense que Bruxelles aurait dû adopter une position plus ferme, il a répondu que « ce qui compte, c’est le résultat ». « Et personne n’a obtenu de meilleur résultat », a-t-il ajouté.

Moyen-Orient et Gaza

Le président du Conseil a également salué le plan de paix présenté par Donald Trump annoncé lundi 29 septembre, soulignant que « l’essentiel est désormais que toutes les parties donnent une chance à la paix ».

Il a indiqué qu’« il n’y a pas de place pour le Hamas dans le futur gouvernement de Gaza » et a réitéré le soutien de l’UE à l’Autorité palestinienne et à son président, Mahmoud Abbas, en faveur d’une solution à deux États.

António Costa a également salué la décision de l’Allemagne de s’orienter vers un embargo sur les armes à destination d’Israël, y voyant une preuve des politiques « insupportables » du Premier ministre Benyamin Netanyahou. « L’Allemagne n’a pas pu rester impassible. »

La social-démocratie toujours d’actualité

Malgré la dérive vers la droite en Europe, le Portugais a insisté sur le fait que la social-démocratie « reste d’actualité », citant le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez comme exemple de résilience.

Toutefois, au cours des derniers mois, le gouvernement Sánchez et son parti, le Parti socialiste-ouvrier espagnol (PSOE), ont été lié à une série d’enquêtes très médiatisées pour corruption impliquant d’anciens membres du cabinet, son entourage proche — y compris sa femme et son frère — et potentiellement lui-même, menaçant la stabilité de la coalition espagnole de gauche, formée du PSOE et de Sumar.

Enfin, questionné sur sa relative discrétion depuis son entrée en fonction, António Costa a conclu : « La politique consiste à résoudre des problèmes, et non à savoir si la voix d’António Costa est entendue ou non ».