Après la pandémie de Covid, les Français plus réticents à vacciner les enfants
Selon le dernier rapport de l'UNICEF, la confiance à l'égard de la vaccination infantile a baissé de plus de 10 % en France depuis 2020, notamment en raison de la pandémie de Covid-19 et de difficultés accrues d'accès aux soins.
Selon le dernier rapport de l’UNICEF, la confiance à l’égard de la vaccination infantile a baissé de plus de 10 % en France depuis 2020, notamment en raison de la pandémie de Covid-19 et de difficultés accrues d’accès aux soins.
L’UNICEF tire la sonnette d’alarme. Presque partout dans le monde, la confiance des citoyens dans la vaccination infantile recule, alerte le Fonds des Nations Unies pour l’enfance dans un rapport paru jeudi 20 avril.
La perception de l’importance de la vaccination infantile a diminué chez les habitants de 52 des 55 pays étudiés, indique le rapport.
« Au plus fort de la pandémie, les scientifiques ont su développer rapidement des vaccins qui ont permis de sauver d’innombrables vies. Malgré ce succès historique, la crainte et la désinformation autour de la vaccination en général se sont pourtant propagées à aussi grande échelle que le virus lui-même », a déclaré Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF dans un communiqué de presse.
Depuis 2020, 67 millions d’enfants ont été privés d’un ou de plusieurs vaccins dans le monde. Si cela s’explique notamment par des perturbations liées à la pandémie ou à des conflits, la perte de confiance à l’égard de la vaccination est également un facteur explicatif.
La France ne fait pas exception à la règle, et se situe même en dessous de la moyenne : dans la moitié des 55 pays, plus de 80 % des personnes interrogées ont jugé qu’il était important de faire vacciner les enfants. En France, ce chiffre est de 74,6 %.
Les résultats du rapport indiquent également une perte de confiance dans la vaccination des enfants de 11,5%.
« En France, le pourcentage d’enfants vaccinés reste bon. Mais il faut prendre les devants pour que cette perte de confiance ne s’amplifie pas, et ne se traduise pas par un retour de certaines maladies », alerte Lucile Grosjean, directrice Programmes et Affaires publiques pour l’UNICEF France à EURACTIV France.
Le principal risque étant de voir une recrudescence de maladies comme la rougeole. « Il faut surveiller cela de près, car nous savons que cela peut aller très vite », poursuit Lucile Grosjean.
À l’échelle mondiale en 2022, le nombre de cas de rougeole a plus que doublé par rapport à l’année précédente, et le nombre d’enfants paralysés après avoir contracté la poliomyélite a augmenté de 16 % sur la même période, selon le rapport.
Regagner la confiance des Français, une priorité
Au-delà de la crainte liée à la désinformation durant la pandémie, d’autres arguments pourraient expliquer cette réticence croissante à vacciner les plus jeunes.
« Cela s’explique aussi beaucoup par la surcharge des services de santé pendant la pandémie », avance Mme Grosjean.
La directrice des Affaires publiques à UNICEF France explique également que les ressources financières d’habitude allouées à des campagnes de communication sur l’importance de la vaccination ont été plutôt attribuées à la sensibilisation au Covid.
Or, ces campagnes d’information sont un maillon essentiel pour qu’un maximum d’enfants ait leurs vaccins à jour.
« Ces campagnes de routine sont fondamentales et ont prouvé leurs effets positifs. Elles ne doivent pas être oubliées », appuie-t-elle.
En parallèle de ces chiffres post-pandémie, l’UNICEF observe cependant une constante : les enfants les moins vaccinés sont depuis toujours ceux qui vivent dans des communautés marginalisées et exclues des services de santé.
« Il faut regagner leur confiance. Cela passe notamment par faciliter l’accès aux services de vaccination, y compris aux personnes les plus isolées », conclu Lucile Grosjean.