L’entreprise tchèque Škoda appelle à une refonte des objectifs de l'UE en matière d’émissions de CO2 des voitures

Dimanche 13 octobre, le membre du conseil d’administration de Škoda Auto et vice-président de la Confédération de l’industrie tchèque Martin Jahn, a estimé que les objectifs de l’UE en matière d’émissions des voitures pour 2025 sont inatteignables pour l’industrie.

EURACTIV République tchèque
SAIC Volkswagen’s Nanjing Plant
Les voitures Volkswagen et Skoda produites à l'usine SAIC Volkswagen Nanjing à Nanjing, en Chine, le 23 septembre 2024. [Getty images/Costfoto/NurPhoto]

Dimanche 13 octobre, le membre du conseil d’administration de Škoda Auto et vice-président de la Confédération de l’industrie tchèque Martin Jahn, a estimé que les objectifs de l’UE en matière d’émissions des voitures pour 2025 sont inatteignables pour l’industrie.

S’exprimant à la télévision tchèque, Martin Jahn a souligné que l’augmentation prévue de la demande de véhicules électriques n’a pas eu lieu, ce qui rend de plus en plus évident le fait que l’industrie aura du mal à respecter les limites strictes en matière d’émissions de CO2.

À savoir, l’objectif calculé pour l’ensemble du parc automobile de l’UE pour 2025 est de 93,6 g/km pour les voitures particulières.

« À l’heure actuelle, il devient évident qu’il sera impossible d’atteindre ces objectifs. L’intérêt pour les voitures électriques a d’abord augmenté de 14 % à 16 %, puis est retombé à 14 %, alors que nous attendions 20 % en moyenne », a expliqué le membre du conseil d’administration de Škoda. Selon ce dernier, la situation ne devrait pas s’améliorer dans un avenir proche, une stagnation de la demande de véhicules électriques étant prévue pour l’année prochaine.

Martin Jahn a aussi partagé son inquiétude quant aux conséquences financières pour les constructeurs automobiles européens si la politique reste inchangée.

« À moins que la politique ne soit repensée, les prochaines années seront assez douloureuses. Nous devrons payer des amendes ou acheter des crédits à d’autres constructeurs automobiles — ceux qui ne fabriquent que des voitures électriques — comme la Chine », a-t-il avancé.

Selon lui, cela créerait un paradoxe où les entreprises européennes seraient pénalisées tandis qu’elles s’appuieraient sur les entreprises chinoises pour se conformer aux objectifs.

En effet, le secteur européen de l’automobile se trouve à la croisée des chemins car les fabricants, y compris Škoda, investissent déjà massivement dans la transition vers les véhicules électriques.

Martin Jahn a averti que le cadre réglementaire actuel pourrait considérablement entraver la rentabilité, qui est cruciale pour le financement de l’innovation et du développement.

« Le système sapera fondamentalement notre rentabilité, dont nous avons besoin dans la phase d’innovation. »

Face à cette situation complexe, le gouvernement tchèque tente de répondre aux préoccupations de l’industrie automobile. Comme l’a précédemment rapporté Euractiv, le Premier ministre tchèque Petr Fiala et le ministre des Transports Martin Kupka (tous deux ODS, CRE) ont affirmé que la République tchèque ferait pression pour modifier les règles de l’UE en matière d’émissions des voitures.

« Certains des objectifs du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) se sont révélés irréalistes, et nous essaierons de les ajuster. Sans changements, nous risquons de compromettre l’avenir de l’industrie automobile européenne », a averti le Premier ministre Petr Fiala.

La République tchèque, ainsi que l’Allemagne et l’Italie, travaillent actuellement à la mise en place d’une coalition de nations partageant les mêmes idées afin de faire pression en faveur d’une révision des limites d’émissions des voitures fixées pour 2025 et au-delà.