Barrot souhaite placer la sécurité au coeur de son action
Jacques Barrot entend placer les questions de sécurité au centre de la stratégie de la Commission en matière de transports.
Jacques Barrot entend placer les questions
de sécurité au centre de la stratégie de la
Commission en matière de transports.
M. Barrot a souligné dans son discours que la sécurité
constituait une « dimension majeure » de la politique européenne des
transports, affirmant que la tâche de la Commission consisterait
certes à « compléter l’édifice réglementaire européen », mais surtout
à veiller à la bonne application des textes en vigueur au niveau de
l’UE.
Selon le nouveau Commissaire aux transports, l’Union
européenne doit, si elle souhaite disposer de la
crédibilité nécessaire pour agir au niveau
international, apparaître aux yeux de ses partenaires
comme « un espace exemplaire de sécurité » .
- Vers un renforcement du rôle des agences européennes
Jacques Barrot a notamment affirmé que les trois
agences européennes en charge de la sécurité des
transports (aériens, maritimes et ferroviaires) devaient
être « confortées » dans leur rôle. Il s’est prononcé en
faveur d’une extension des pouvoirs de l’Agence européenne de
sécurité aérienne, afin que celle-ci puisse notamment se voir
confier le soin d’attribuer des « certificats de
sécurité ». Ceci devrait se faire dans un « esprit de
responsabilité » permettant de définir clairement la répartition
des pouvoirs entre l’UE, les Etats membres et les
agences.
- Sécurité maritime
M. Barrot a déclaré que l’UE devait « jouer un rôle actif dans
les organisations internationales de transport », et en
particulier « parler d’une seule voix » dans un organe tel que
l’Organisation maritime internationale (OMI). Selon lui,
la Russie fait partie des Etats sur lesquels il
faut exercer une pression pour imposer des règles de
sécurité communes et réduire le risque de marées noires au
niveau mondial.
« Les Etats membres ont tendance à attendre les catastrophes
pour agir », a déploré Barrot, rappelant que ce n’est
qu’après le naufrage de l’Erika que les Etats membres
avaient donné leur feu vert à une intervention de l’Union dans
le domaine de la sécurité maritime. Le Commissaire a
plaidé en faveur d’un renforcement des « sanctions pénales » à
l’encontre des pollueurs volontaires, et recommandé la plus
grande vigilance sur la question des pavillons de
complaisance.
Des initiatives en matière de sécurité maritime ont déjà été
prises au niveau de l’Union, a ajouté Barrot, mais il
s’agit maintenant de déterminer qui doit
être responsable de l’application des nouvelles règles.
- Sécurité routière
Abordant le sujet de la sécurité routière, Barrot
a indiqué qu’il s’agissait d’un domaine dans lequel l’action
de l’Union était « nécessaire », ajoutant qu’il pouvait être envisagé
d’avoir recours à la méthode communautaire « si
nécessaire ».
Il s’agit également d’une « bataille technologique », a rappelé le
Commissaire, faisant référence au système de
radionavigation par satellite Galileo qui permet notamment
d’ajouter des dispositifs d’alerte instantanée aux systèmes de
navigation installés sur les véhicules.
- Environnement, compétitivité, et sécurité de
l’approvisionnement en énergie
Jacques Barrot s’est dit préoccupé par la « dépendance » de l’UE
vis-à-vis des carburants fossiles. Il a également insisté
sur le besoin de réduire les émissions de
CO2, rappelant que « les transports
étaient responsables de 30 à 40% [de ces
émissions] ».
Il est possible de réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis du
pétrole, a insisté M. Barrot, par exemple en incitant les
constructeurs automobiles à se tourner vers des solutions
alternatives telle que les biocarburants, et surtout en transférant
une partie du frêt, de la route vers le rail et le transport
maritime.
Jacques Barrot a par ailleurs insisté sur la nécessité de
trouver une solution dans le dossier de la Directive
Eurovignette. Plus généralement, M. Barrot a souligné que
les « coûts réels » du transport devaient être « mis sur la
table », et il a apporté son soutien à l’idée d’une taxe
sur le kérosène permettant de mieux refléter les
coûts du transport aérien en termes
environnementaux.
Enfin, selon le nouveau Commissaire aux transports, il ne doit
« pas y avoir de contradiction entre la politique environnementale
et la compétitivité », l’impact des normes européennes devant
toujours être étudié de telle sorte qu’un juste équilibre puisse
être trouvé. « Si une norme [environnementale] européenne est
efficace, alors l’Europe doit payer le prix », mais cela ne doit pas
conduire à un « excès de régulation », a souligné M.
Barrot.
- Libéralisation
Interrogé sur ses intentions en matière de
libéralisation des transports, Jacques Barrot a indiqué qu’il
s’agissait là d’une nécessité, mais qu’il fallait accompagner
ce mouvement d’un effort de « pédagogie ». « Nos grandes compagnies
ferroviaires ont de tels atouts et un tel savoir-faire
qu’elles ne devraient pas trop s’inquiéter du processus
de libéralisation », a conclu le Commissaire.