Belgique : le Premier ministre soutient le chef d’orchestre israélien déprogrammé d’un festival à Gand

Bart De Wever soutient le chef d’orchestre israélien Lahav Shani, déprogrammé d’un festival à Gand, dénonçant une décision basée sur l’origine de l’artiste.

EURACTIV.com
Federal Chancellor Merz Meets Belgian Prime Minister De Wever
Bart De Wever, Premier ministre belge et membre du parti nationaliste flamand N-VA. [Getty Images/Florian Gaertner_Photothek]

Le conseil d’administration du Festival des Flandres, où devait se produire le chef d’orchestre israélien Lahav Shani ce jeudi 18 septembre, avait décidé la semaine dernière de déprogrammer l’artiste, estimant que même s’il prône « la paix et l’apaisement », celui-ci n’avait pas « suffisamment clarifié » sa position envers « le régime génocidaire » israélien. Les organisateurs ont également déclaré que la décision avait aussi été prise pour des raisons de sécurité.

Cette annonce a suscité de vives réactions en Belgique, le parti nationaliste flamand N-VA, auquel appartient le Premier ministre Bart De Wever, critiquant notamment ce choix.

Le Premier ministre belge a par ailleurs assisté samedi 13 septembre à Essen, en Allemagne, à un concert de l’Orchestre philharmonique de Munich, dirigé par le chef d’orchestre israélien, quelques jours après l’annonce de sa déprogrammation du festival de Gand.

Après le concert, Bart De Wever s’est exprimé sur les réseaux sociaux pour critiquer la décision des organisateurs du festival belge. « Je condamne fermement la récente annulation […] uniquement sur la base de l’origine du chef d’orchestre Lahav Shani », a-t-il fustigé sur Facebook. « C’est là que je trace la ligne. »

Le Premier ministre a déclaré qu’il souhaitait transmettre ce message à l’artiste en personne. Il a également réaffirmé la position de la Belgique sur la guerre menée par Israël contre Gaza — une question qui a déjà suscité d’âpres luttes intestines au sein de la fragile coalition de cinq partis dirigée par Bart De Wever.

« Immédiatement après l’horrible attentat terroriste perpétré par le Hamas [l’incursion du Hamas en territoire israélien le 7 octobre 2023, NDLR], j’ai exprimé ma crainte que le gouvernement israélien ne se laisse entraîner dans un conflit violent sans fin à Gaza. Malheureusement, cette crainte s’est réalisée », a-t-il affirmé.

La Belgique soutient « toutes les sanctions ciblées proposées par l’Union européenne pour mettre fin à la guerre », tout en insistant sur le fait qu’« il n’y aura jamais, au grand jamais, de place pour le racisme et l’antisémitisme dans ce pays ».

Sa posture a été saluée à Berlin. Le chancelier allemand Friedrich Merz a remercié Bart De Wever « pour son geste fort de solidarité » et a averti que l’Europe « ne doit pas laisser de place à cet antisémitisme flagrant ».

Vendredi 12 septembre, la Commission européenne a déclaré avoir demandé à son coordinateur chargé de la lutte contre l’antisémitisme de se pencher sur l’annulation et d’aider à la médiation.

Parallèlement à cela, à Bruxelles, les États membres de l’UE tentent toujours de surmonter leurs profondes divisions concernant la réponse que le bloc doit apporter à la guerre à Gaza, mais l’imposition de sanctions reste pour l’heure une perspective lointaine. Le récent changement de cap de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui, après s’y être initialement opposée, a appelé cette semaine à une suspension partielle de l’accord commercial UE-Israël, pourrait augmenter encore la pression.

(asg)