Bruxelles plaide pour une « agriculture de la connaissance »
L’innovation sera le maître mot du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) pour la période 2014-2020, selon les documents de travail de la Commission consultés par EURACTIV.fr.
L’innovation sera le maître mot du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) pour la période 2014-2020, selon les documents de travail de la Commission consultés par EURACTIV.fr.
Ce choix stratégique de la Commission européenne n’est pas anodin. Alors que la population mondiale ne cesse de croître et que la quantité de terres arables reste limitée, la productivité stagne. Cette augmentation de la tension entre l’offre et la demande augmente aussi le risque de volatilité des prix des ressources. Investir dans la recherche dans le domaine de l’agriculture doit aider l’UE à inverser la tendance.
L’exécutif européen souhaiterait voir émerger « une agriculture de la connaissance », selon les documents consultés par EURACTIV.fr sur la réforme du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) pour la période 2014-2020. Derrière cette expression se cache l’idée qu’une meilleure formation des agriculteurs favoriserait rendements et viabilité économique des exploitations.
La Commission propose que les formations, le coaching, les échanges de bonnes pratiques soient développés. Autre point important, certains projets financés par le Feader pourraient l’être en partenariat avec la direction générale à la Recherche de la Commission européenne.
Maintenir le budget
Même si aucun chiffre n’est donné sur la somme d’argent qui pourrait être dédiée à l’innovation agricole, cette nouvelle orientation résulterait de la nécessité pour le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos, de justifier un budget inchangé par rapport à la période précédente.
C’est aussi cette logique qui pousserait au conditionnement d’un tiers des subventions aux agriculteurs au respect de normes environnementales plus strictes, comme nous l’écrivions dans un précédent article.
Cinq autres priorités
Les termes employés dans les documents laissent imaginer que l’innovation agricole peut recouvrer un large spectre de projets. Par exemple, rien n’interdirait au Feader de financer le développement de l’industrie dite bio-sourcée, une innovation dans laquelle la Commission européenne place beaucoup d’espoir.
Cinq autres priorités sont aussi évoquées :
- améliorer la compétitivité de l’agriculture et la viabilité des exploitations, en particulier en facilitant les restructurations et le renouvellement des générations,
- promouvoir l’organisation de la chaîne alimentaire et l’encadrement des risques,
- préserver les écosystèmes qui dépendent de l’agriculture et de l’exploitation forestière,
- améliorer l’efficience de l’utilisation des ressources et favoriser la transition vers une économie sans carbone,
- permettre de renforcer l’emploi et la croissance dans les zones rurales,
Parfois des doublons
Ainsi, le Feader pourrait financer les jeunes agriculteurs, favoriser les initiatives environnementales, le bien-être animal, les regroupements d’agriculteurs ou le bio.
Mais dans certains cas, ces dispositions feraient doublon avec ce qui est déjà prévu par le premier pilier de la PAC (aides directes) comme le soutien aux exploitations situées dans des zones défavorisées ou déjà soumises à des contraintes environnementales (Natura 2000). Certains États pourraient être récalcitrants à financer deux fois la même chose.
Toutefois, comme tous les agriculteurs ne sont pas forcément éligibles aux paiements directs, le Feader permet de combler ce manque. D’autant plus que ce fonds n’est pas réservé qu’aux exploitants agricoles, mais peut également concerner les entreprises implantées en zone rurale, par exemple.
D’autres outils
La Commission européenne envisage de mettre en place plusieurs fonds pour faire face aux crises comme les épizooties ou la baisse des revenus de plus de 30%.
Le Feader sera toujours implanté et géré au niveau national et soumis aux règles de subsidiarité.