Ce qu’il faut retenir du sommet des Patriotes pour l’Europe à Madrid
Le sommet des Patriotes pour l’Europe qui s’est tenu ce week-end à Madrid s’est achevé sur une attaque cinglante contre l’Union européenne (UE), jugée « corrompue » et « anachronique ».
MADRID — Le sommet des Patriotes pour l’Europe qui s’est tenu ce week-end à Madrid s’est achevé sur une attaque cinglante contre l’Union européenne (UE), jugée « corrompue » et « anachronique ».
Créé en 2024, les Patriotes pour l’Europe est un groupe politique d’extrême droite au Parlement européen. Lors du sommet du groupe ce week-end, les participants venus de toute l’Europe ont été très critiques de l’UE.
Ces derniers ont affirmé que la souveraineté revenait en force, que l’immigration clandestine épuisait les finances de l’Europe, et que la bureaucratie excessive de l’Union était une « cage » qui limite le contrôle national. Ils ont également qualifié les politiques environnementales de l’UE de « suicidaires » pour l’industrie.
Les participants, dont le Hongrois Viktor Orbán, la Française Marine Le Pen et le Néerlandais Geert Wilders, ont envoyé un message clair d’optimisme quant au retour de Donald Trump.
Après tout, le sommet s’est tenu sous le slogan « Make Europe Great Again » — un clin d’œil évident au « Make America Great Again » du président américain, comme l’a rapporté Euractiv Espagne.
La vague souverainiste que Donald Trump a générée avec son second mandat atteindra également l’Europe, a commenté Viktor Orbán.
Le groupe des Patriotes pour l’Europe est actuellement la troisième force au Parlement européen avec 84 sièges, juste derrière le Parti populaire européen (PPE) de droite et les Socialistes et Démocrates européens (S&D) de centre gauche. Les divers partis membres du groupe gagnent également du terrain au niveau national.
Au-delà des Patriotes pour l’Europe, le Premier ministre hongrois est également convaincu que les mouvements d’extrême droite en Europe ne cesseront de se développer, à l’instar du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD).
L’AfD— membre du groupe d’extrême droite Europe des Nations souveraines au Parlement européen — est d’ailleurs en deuxième position dans les sondages pour les élections allemandes du 23 février.
La « cage de Bruxelles »
L’un des principaux mots à la mode lors de la réunion était « reconquête ».
Ce concept résume parfaitement l’objectif du groupe: reprendre l’initiative en matière de souveraineté à Bruxelles. Les membres des Patriotes pour l’Europe veulent briser ce qu’ils considèrent comme l’hégémonie — ou le duopole — du PPE et du S&D. Les deux groupes s’alignent souvent lors des votes importants au Parlement.
« L’élite bruxelloise n’a rien appris de ses erreurs et n’a en aucun cas renoncé à son aspiration à transformer l’UE en un mégaétat axé sur l’ingénierie sociale », peut-on lire dans un communiqué de presse publié vendredi.
Mais les Patriotes pour l’Europe « seront les protagonistes d’une victoire historique des idées de liberté et de souveraineté. Des patriotes en avant de l’Europe, sans peur de rien ni de personne », a déclaré l’hôte de l’événement, Santiago Abascal. Ce dernier est chef du parti d’extrême droite espagnol Vox et président du parti Patriots.eu.
Matteo Salvini, leader de La Lega et ministre italien des Transports, a attribué la diminution des pouvoirs nationaux à la bureaucratie excessive de l’UE.
« L’Europe n’est pas la cage qu’ils ont construite à Bruxelles », a-t-il déclaré, rejetant fermement l’idée que c’est l’UE qui légitime les États membres. Pour lui, c’est le contraire qui est vrai. « Les États [membres] légitiment l’UE, sinon elle n’existerait pas. »
Il a également fait l’éloge des mesures économiques protectionnistes de Donald Trump. « Si des milliers d’ouvriers de l’automobile perdent leur emploi ces jours-ci, ce n’est pas la faute de [Donald] Trump, mais le suicide économique, industriel et environnemental imposé par Bruxelles. »
De même, la responsable politique française du Rassemblement national, Marine Le Pen, a critiqué la politique verte de l’UE. Elle a souligné que les industriels commençaient à se « rebeller » contre les « euphémismes absurdes et suicidaires du Green Deal ».
Elle a ensuite attaqué le pacte controversé de l’UE sur l’asile et la migration, affirmant que « la politique migratoire est hors de contrôle et le puits sans fond de l’immigration vide nos caisses et remplit nos prisons ».
Viktor Orbán a également reproché à Bruxelles d’avoir « ouvert la porte » aux « immigrants illégaux » qui « envahissent » désormais l’Europe.
Si l’optimisme pour l’UE est faible, tous les membres des Patriotes pour l’Europe ont placé leurs espoirs dans le nouveau président américain. « La tornade [Donald] Trump a changé le monde en quelques semaines et une époque est révolue », a confié le Premier ministre hongrois.
(AB)