Coupes budgétaires au menu des frugaux à Berlin

Les « frugaux », un groupe de pays qui contribuent davantage au budget de l'UE qu'ils n'en retirent, se réunissent autour d'un déjeuner pour élaborer leur prochaine stratégie

EURACTIV.com
Friedrich Merz, le chancelier allemand [Photo : Hannibal Hanschke - Pool/Getty Images]

Friedrich Merz, le chancelier allemand, réunit jeudi ses « pairs » de Finlande, d’Autriche, de Suède, des Pays-Bas et du Danemark pour discuter, autour d’un déjeuner, du budget après 2027.

Cette réunion intervient alors que les négociations sur le budget septennal s’apprêtent à entrer dans une phase décisive, plusieurs questions clés restant en suspens : le niveau des dépenses, leur affectation et, surtout pour ce groupe, leur financement. 

António Costa, le président du Conseil européen, continue quant à lui de faire pression sur les dirigeants pour qu’ils acceptent de nouvelles « ressources propres », c’est-à-dire des taxes à l’échelle de l’UE destinées à financer le budget, tout en sillonnant l’Europe dans le cadre de sa tournée des capitales annuel. 

L’homme politique portugais présente le consensus sur les prélèvements proposés – qui devraient rapporter environ 66 milliards d’euros par an à l’UE – comme une condition préalable à l’accord qui, selon lui, doit être conclu d’ici 2027 pour que les fonds commencent à être versés un an plus tard.

La mise en place de nouvelles taxes est l’un des éléments les plus controversés du projet de budget 2028-2034 de la Commission européenne, de nombreux dirigeants se montrant profondément sceptiques face à ces propositions, qui comprennent notamment une taxe sur les entreprises, les déchets électroniques et les émissions de carbone. 

Les discussions sont pour l’instant dans l’impasse, le Parlement européen ayant avancé des idées supplémentaires, notamment une taxe sur les jeux d’argent en ligne.

L’alliance des pays contributeurs nets, réunie en Allemagne, premier contributeur au budget de l’UE, couvre tout l’éventail politique, des conservateurs aux sociaux-démocrates en passant par les libéraux. 

Le groupe réclame un budget global nettement réduit, axé sur de « nouvelles priorités » telles que la compétitivité et la défense, et rejette l’idée d’une nouvelle dette commune en cette période de restrictions budgétaires nationales.

« Ces coupes sont essentielles », a déclaré Merz lors d’une visite à Dublin le mois dernier.

Petteri Orpo, le Premier ministre finlandais, Christian Stocker, le chancelier autrichien, et Ulf Kristersson, le Premier ministre suédois, ainsi que Rob Jetten, le Premier ministre néerlandais, et Mette Frederiksen, la Première ministre danoise, devraient se joindre au déjeuner.

Un haut responsable de l’UE a affirmé qu’il est « tout à fait normal » que Merz organise ce type de réunion.

L’Irlande, en sa qualité de titulaire de la présidence tournante du Conseil de l’UE, devrait présenter un document de compromis actualisé avant le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à la mi-octobre.

(bw)