Déficit commercial : « triste record » de la France

Le déficit commercial français pour 2007 a atteint un « triste record », a indiqué le secrétaire d’État au Commerce extérieur, Hervé Novelli, jeudi 7 février. Après cinq années de mauvais résultats, le déficit de la balance commerciale continue de se creuser, contrairement à nos voisins allemands, qui affichent de très bons résultats sur la même période.

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Le déficit commercial français pour 2007 a atteint un « triste record », a indiqué le secrétaire d’État au Commerce extérieur, Hervé Novelli, jeudi 7 février. Après cinq années de mauvais résultats, le déficit de la balance commerciale continue de se creuser, contrairement à nos voisins allemands, qui affichent de très bons résultats sur la même période.

En bref :

En frôlant les 40 milliards d’euros de déficit, le commerce extérieur français dépasse le record de 2006 (28,24 milliards). Pour mémoire, le solde annuel du commerce extérieur a été excédentaire tout au long de la décennie 1990. La tendance s’est cependant inversée depuis 2003 et le déficit commercial atteint en 2007 un résultat malheureusement record de 39,171 milliards d’euro.

Si les chiffres sont indiscutables, les causes, elles, sont difficiles à cerner. Dans une interview accordée au quotidien La Tribune, Hervé Novelli pointe du doigt le rôle de la facture énergétique, qui représente selon lui « plus de l’essentiel du déficit commercial ». L’euro fort, « qui pénalise la grande exportation », est aussi à mettre en cause, selon le secrétaire d’État.

Pourtant, l’institut privé d’analyse économique et d’étude conjoncturelle, Coe-Rexecode, explique, dans un document de travail publié en décembre 2007, que l’appréciation de l’euro n’est pas la principale cause du recul des parts de marché françaises.

Le poids de l’euro fort sur l’économie est par ailleurs souvent contesté étant donnés les bons résultats de l’Allemagne sur la même période. Outre-Rhin, le solde du commerce extérieur est excédentaire de 185,8 milliards d’euros pour les 11 premiers mois de 2007.

Selon Hervé Novelli, les mauvais résultats français sont donc plutôt dus au manque de PME suffisamment grosses et innovantes « pour profiter à plein des marchés à l’exportation ». Le Mittelstand (« PME ») allemand est en effet bien mieux adapté à la conquête des marchés à l’exportation que les PME françaises. « Il nous faut bâtir un Mittelstand à la française », affirme le ministre.

« Ces faiblesses structurelles doivent être traitées par une politique elle-même structurelle pour restaurer la compétitivité de nos entreprises », explique Hervé Novelli, qui a présenté jeudi 7 février dix mesures immédiates pour soutenir et relancer les exportations françaises. Deux grands principes gouvernent ces propositions : recentrer les efforts français sur les PME et développer de meilleurs dispositifs d’aides au niveau européen, allusion au projet de Small Business Act européen défendu par la France à Bruxelles. (Lire EURACTIV 29/01/08). La Commission européenne a d’ailleurs lancé une consultation à ce sujet mardi 5 février.

Des mesures structurelles seront enfin proposées dans le cadre du projet de loi « Modernisation de l’économie », qui doit être présenté par le gouvernement français au printemps.