Des États membres demandent à l’UE davantage de soutien aux énergies vertes
La semaine dernière, onze États membres de l’UE ont demandé à la Commission européenne de contribuer à la promotion des énergies renouvelables, de réduire la charge administrative et d’assouplir la législation pour faciliter le lancement de tels projets.
Onze États membres de l’UE ont demandé à la Commission européenne de contribuer à la promotion des énergies renouvelables, de réduire la charge administrative et d’assouplir la législation pour faciliter le lancement de tels projets, dans une communication envoyée la semaine dernière, en amont de la présentation, mardi (24 octobre), du paquet sur l’énergie éolienne.
Dans la communication, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Allemagne, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas et le Portugal soulignent les avantages des énergies renouvelables tout en affirmant qu’elles nécessitent un soutien plus important.
« Nous sommes confrontés à de multiples crises. Les huit dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées au niveau mondial, et le nombre de vagues de chaleur et de catastrophes naturelles (incendies, sécheresses, inondations, etc.) augmente chaque année », peut-on lire dans le texte du groupe des « Amis du renouvelable ».
Par ailleurs, « la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine révèle la vulnérabilité de l’Europe en raison de sa dépendance de l’énergie non renouvelable et des importations de matières premières essentielles », ce qui constitue un risque pour la sécurité et attise l’inflation.
Les signataires du texte affirment que les énergies renouvelables joueront un rôle crucial dans la résolution de cette problématique.
Réduire les formalités administratives
Cette demande intervient avant la publication par la Commission européenne d’une nouvelle proposition visant à ouvrir la voie à davantage d’éolien et fait suite à l’approbation de la nouvelle loi européenne sur les énergies renouvelables. Les onze pays estiment que, même si les projets de Bruxelles en matière d’énergies renouvelables vont dans la bonne direction, il faut aller plus loin.
« Pour que l’UE conserve son rôle de pionnier en matière d’action climatique, nous avons besoin de davantage de mesures de soutien afin d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables en Europe », a déclaré la ministre autrichienne du Climat, Leonore Gewessler.
Les signataires du document préconisent également le développement des « énergies renouvelables sans frontières », qui serait rendu possible par une meilleure interconnexion entre les États membres. Selon eux, l’Europe doit accélérer la coordination, la planification et la construction des infrastructures nécessaires au partage de l’électricité.
Ils affirment aussi que l’hydrogène et les énergies renouvelables doivent être soutenus par un marché intérieur « performant » axé sur la création de conditions équitables au sein de l’UE, capables de faire face à la concurrence mondiale.
En outre, les Amis du renouvelable demandent l’introduction rapide de nouvelles lois similaires à celle qui favorise les énergies renouvelables. La Commission européenne étudie déjà les moyens d’y parvenir, des mesures en ce sens étant attendues mardi dans le cadre du paquet sur l’énergie éolienne.
Les onze pays souhaitent que la Commission européenne se projette dans le futur, notamment en ce qui concerne l’évaluation de l’impact de l’objectif climatique de l’UE à l’horizon 2040. Ils estiment que cette étude devrait également définir un objectif pour le secteur de l’énergie afin de garantir la sécurité des investissements.
Selon eux, il faut en faire davantage pour réduire la charge administrative qui entrave le développement des énergies renouvelables. Ainsi, les signataires du document « demandent à la Commission de continuer à travailler sur la manière d’accélérer les procédures d’autorisation, notamment en examinant et en supprimant les barrières et les obstacles dans la législation européenne en la matière ». Ces travaux pourraient également être inclus dans le paquet éolien.
Garantir l’énergie et les objectifs mondiaux
Parallèlement, l’UE doit veiller à ne pas remplacer sa dépendance à l’égard du gaz russe par d’autres dépendances, préviennent les signataires dans la communication. Bien que le document commun ne mentionne pas explicitement la Chine, cette dernière est une force dominante dans la production des matériaux nécessaires à la production d’énergie renouvelable.
Pour éviter de futures dépendances, l’UE a besoin « d’une combinaison de politiques ciblées visant à renforcer la position de leader de l’UE » dans le domaine des technologies critiques et « d’une stratégie commune visant à développer des chaînes de valeur cruciales pour les matières premières essentielles ».
Il convient également de travailler sur la recherche et l’innovation, notamment en améliorant la recyclabilité des technologies liées aux énergies renouvelables, ce qui aiderait l’Europe à récupérer des matériaux.
Au niveau international, les signataires réitèrent le soutien apporté par les États membres de l’UE à la Commission pour qu’elle fixe des objectifs visant à tripler la capacité mondiale en matière d’énergies renouvelables d’ici 2030.
« Combiné à un objectif global d’efficacité énergétique, cet engagement pourrait favoriser la collaboration et l’innovation au niveau international, stimuler les investissements dans les technologies renouvelables, créer des emplois et renforcer la sécurité énergétique », affirment les pays signataires.
Cet engagement « soulignerait également l’engagement collectif des nations en fournissant une feuille de route claire et réalisable pour le déploiement mondial des technologies d’énergie renouvelable », ajoutent-ils.
L’UE défendra ces objectifs lors de la 28e conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 28) qui se tiendra à Dubaï en novembre et décembre. Bruxelles travaille actuellement à la promotion des énergies renouvelables et à la mise en place d’un réseau électrique durable et sûr.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]