Des ONG se mobilisent contre le recul environnemental à Bruxelles

Mercredi 1er octobre, des militants ont remis une pétition à la commissaire à l’Environnement dans laquelle ils demandent à l’exécutif européen d’épargner les législations environnementales clés de sa campagne de simplification règlementaire.

EURACTIV.com
[BEE]

Le 22 juillet, la Commission européenne a lancé un appel à témoignages afin de « simplifier » les législations environnementales de l’UE dans le cadre d’un futur paquet législatif dit « omnibus », qui s’inscrit dans le cadre de sa campagne visant à réduire de 25 % la charge administrative pesant sur les entreprises européennes — ce qui représenterait 37,5 milliards d’euros.

Les groupes écologistes à l’origine de cette action ont mené une campagne intitulée #HandsOffNature début septembre, exhortant leurs partisans à inonder l’appel à témoignages de la Commission de réponses en faveur du maintien des protections environnementales.

« Sous le couvert de la simplification, nous assistons à la mise en place d’un programme de dérèglementation », a déclaré Faustine Bas-Defossez, du Bureau européen de l’environnement (BEE), qualifiant cette initiative de pari risqué pour la santé et les écosystèmes.

Elle et les autres militants ont remis à la commissaire Roswall un petit arbre marqué du chiffre 187 621, correspondant au nombre de personnes qui ont protesté via leur site web.

« Je suis très satisfaite de toutes les réponses », a affirmé Jessika Roswall, avant de nier que la simplification de la législation et la réalisation des objectifs environnementaux de l’UE soient incompatibles.

Elle n’a toutefois donné que peu de garanties lorsqu’on lui a demandé si le règlement sur la déforestation ou la loi sur la restauration de la nature — qui ont été adoptés de justesse malgré l’opposition de députés européens et de gouvernements de droite — pourraient être inclus dans la prochaine proposition omnibus visant à modifier les législations environnementales.

« Il est trop tôt pour le dire », a-t-elle déclaré.

Mercredi, les militants ont conduit un véritable omnibus à travers Bruxelles qui n’a pas pu retourner au Parlement après avoir rencontré des obstacles juridiques : selon l’un des organisateurs de la campagne, une municipalité bruxelloise n’avait pas été informée à l’avance de la manifestation et a arrêté le véhicule.

« Malheureusement, on ne nous a pas dit quel était le problème […] Nous avions tous les permis nécessaires », ont expliqué les organisateurs à Euractiv.

La campagne était menée par le Fonds mondial pour la nature (WWF), le BEE, BirdLife Europe et Client Earth, et cofinancée par l’Union européenne, selon le site web de la campagne.

(asg)