Des remarques tchèques compliquent la visite d’Obama à Prague [FR]

Hier (25 mars), la présidence tchèque de l’UE a indiqué qu'il y a eu un malentendu au sujet des remarques du Premier ministre Mirek Topolánek. Selon des communiqués, ce dernier aurait affirmé que la politique de relance américaine était engagée sur une « voie qui mène vers l’enfer ». Le président américain Barack Obama devrait se rendre à Prague le 5 avril pour un sommet transatlantique.

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Hier (25 mars), la présidence tchèque de l’UE a indiqué qu’il y a eu un malentendu au sujet des remarques du Premier ministre Mirek Topolánek. Selon des communiqués, ce dernier aurait affirmé que la politique de relance américaine était engagée sur une « voie qui mène vers l’enfer ». Le président américain Barack Obama devrait se rendre à Prague le 5 avril pour un sommet transatlantique.

Le vice Premier ministre tchèque, Alexandr Vondra, a démenti les propos de M. Topolánek au cours de la conférence de presse qui a suivi le discours de M. Topolánek au Parlement européen, mercredi (25 mars). 

Bien que le gouvernement de M. Topolánek ait été renversé par le Parlement tchèque mardi dernier, le Premier ministre démissionnaire est toujours à la tête de la présidence de l’UE jusqu’à ce que le président nomme un nouveau chef de gouvernement (EURACTIV 25/03/09). 

Selon un porte-parole de la présidence tchèque, M. Topolánek, qui avait recours aux services d’un interprète, avait souligné que les Etats-Unis prenaient des mesures fiscales fortes pour lutter contre la crise économique. M. Topolánek a ensuite déclaré que l’Union européenne serait engagée sur une « voie qui mène vers l’enfer » si elle renforçait ses propres dépenses fiscales, a ajouté le porte-parole. 

La bourde

Le site de la présidence tchèque de l’UE a publié un résumé de cette déclaration. Elle est toutefois quelque peu différente du discours original prononcé lors de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg. 

Des journalistes tchèques ont confirmé que les traducteurs du Parlement européen n’avaient rien à se reprocher. La presse internationale a repris la traduction du discours de M. Topolánek en ces termes : 

«Le secrétaire d’Etat américain au Trésor parle d’une action permanente, tandis que nous, lors de notre conseil de printemps, nous sommes alarmés du fait que les Etats-Unis sont en train de répéter les erreurs des années 1930, telles que des larges subventions dans tous les domaines, des tendances protectionnistes, des appels tels que la campagne «Achetez américain», et ainsi de suite. Toutes ces mesures, combinées et durables, sont le chemin vers l’enfer ».

Il ne s’agit pas de la première fois que M. Topolánek commet une bourde au Parlement européen. En janvier, lorsqu’il présentait les priorités de la présidence tchèque de l’UE, le Premier ministre avait provoqué un tollé quant il avait laissé entendre que l’actuel traité de Nice était meilleur que le traité de Lisbonne, que les leaders européens peinent à faire ratifier. 

Les représentants américains ont jusqu’ici refusé tout commentaire sur les remarques de M. Topolánek. Le Financial Times a toutefois cité des diplomates européens qui se sont exprimés sur le sujet. Selon eux, il s’agit du plus extraordinaire dérapage d’un responsable politique à la tête des Affaires européennes depuis celui de Silvio Berlusconi en 2003. Ce dernier avait provoqué un tollé en comparant un socialiste allemand membre du Parlement européen à un gardien de camp de concentration. L’eurodéputé en question était Martin Schultz, qui est désormais leader du groupe socialiste au Parlement européen. 

Sommet UE-US

En tant que président de l’UE, M. Topolánek accueillera le président américain, Barack Obama, lors de sa visite à Prague le 5 avril. Cette visite devait être une affirmation photogénique du partenariat transatlantique entre deux responsables politiques qui travaillent main dans la main pour répondre à une variété de problèmes allant de la crise économique au changement climatique. 

A la place, M. Obama posera pour les photographes aux côtés d’un dirigeant affaibli à la merci du président eurosceptique, Vaclav Klaus, qui est le seul à pouvoir nommer un nouveau Premier ministre (EURACTIV 25/03/09). 

Toutefois, M. Topolánek a indiqué qu’il espère toujours demander à M. Obama si les Etats-Unis persistaient dans leur intention de construire un radar sur le territoire de la République tchèque et de déployer des intercepteurs en Pologne pour la protéger elle-même, ainsi que ses alliés, contre des attaques de missiles en provenance de pays tels que l’Iran. Le projet était soutenu par l’ancienne administration américaine de George W. Bush. 

Je lui demanderai si les Américains envisagent sérieusement de le faire et comment ils ont l’intention de procéder, a déclaré hier M. Topolánek lors d’un entretien radiophonique. 

Selon M. Topolánek, qui soutient fortement le déploiement du radar, l’administration Obama n’a pas encore pris de décision finale sur le système de défense antimissile en Europe. 

A mon avis, M. Obama indiquera que son administration n’a pas abandonné le projet, tout en précisant qu’elle n’était pas aussi pressée que l’ancienne administration de le déployer, a-t-il ajouté. 

Le plan a rencontré des obstacles au Parlement tchèque, où le gouvernement de minorité n’a pas su récolter les votes nécessaires à la ratification, après que l’opposition de gauche composée de socio-démocrates se soit fortement opposée au projet à la lumière des réticences de l’opinion publique. 
Quelques jours avant la réunion de Prague, le 2 avril, les Tchèques représenteront officiellement l’UE au sommet du groupe des 20 économies développées et émergentes qui aura lieu à Londres. Lors de ce sommet, l’UE souhaite prendre la tête des appels à plus de réglementation en vue de contenir les excès du marché qui ont conduit à la crise actuelle. 

Les 3 et 4 avril, un sommet de l’OTAN se tiendra à Baden-Baden et à Kehl, en Allemagne, et à Strasbourg, en France. Les observateurs s’attendent à ce que l’alliance invite la Croatie et l’Albanie à la rejoindre. 

(EURACTIV avec Reuters. Ce texte a été traduit de l’anglais par EURACTIV.)