Élections italiennes : « nous serons attentifs au respect des valeurs européennes », déclare Laurence Boone, secrétaire d’État à l’Europe
La France travaillera avec le futur gouvernement italien, qui devrait être dirigé par la leader d’extrême droite Giorgia Meloni, tout en restant attentif au respect des valeurs européennes, a indiqué Laurence Boone à EURACTIV France.
La France travaillera avec le futur gouvernement italien, qui devrait être dirigé par la leader d’extrême droite Giorgia Meloni, tout en restant attentif au respect des valeurs européennes, a indiqué la secrétaire d’Etat française chargée de l’Europe Laurence Boone lundi (26 septembre), lors d’un entretien accordé à EURACTIV France.
La coalition réunissant les partis d’extrême droite Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni et Lega de Matteo Salvini et le parti de centre-droit Forza Italia de Silvio Berlusconi a remporté les élections législatives anticipées de dimanche (25 septembre).
Avec 43,8 % des voix [99,9 % des bureaux de vote comptabilisés lors de la rédaction de cet article], la coalition est en mesure d’avoir, à elle seule, une majorité absolue, aussi bien à la Chambre des Députés qu’au Sénat.
Vu le score de Giorgia Meloni, c’est bien elle que le président de la République italien Sergio Mattarella devrait charger de former un gouvernement dans les semaines à venir.
Interrogée par EURACTIV France lundi matin (26 septembre), la secrétaire d’État chargée de l’Europe Laurence Boone a déclaré que « les électeurs italiens ont choisi et nous devons respecter les choix démocratiques ».
Les relations entre la France et l’Italie sont encadrées par le traité du Quirinal, rappelle Mme Boone. Le traité bilatéral permet de maintenir les relations entre la France et l’Italie, en ce qu’il organise « non seulement les relations entre les administrations, mais aussi entre les milieux d’affaires, la société civile ou encore les écoles et les universités ».
« Nous avons des institutions européennes fortes »
Quant à un éventuel effet sur la politique européenne, Laurence Boone considère que « nous avons des institutions européennes fortes et dans le cadre desquelles nous allons pouvoir travailler sur des sujets essentiels comme le soutien à l’Ukraine et les sanctions contre la Russie ».
Pour rappel, le parti de Giorga Meloni – avec 26 % des voix, domine ses alliés de droite et d’extrême droite – a pris des positions fortes de soutien à l’Ukraine et est favorable aux sanctions contre la Russie. Le parti défend aussi la participation de l’Italie à l’alliance atlantique.
Sur ces trois points, ses alliés de la Lega et de Forza Italia ont exprimé des doutes, voire des ambiguïtés : Matteo Salvini, par exemple, souhaite lever l’ensemble des sanctions qui pèsent sur la Russie. De son côté, Silvio Berlusconi se demandait jeudi (22 septembre), lors d’une interview accordée à Rai Uno, pourquoi les Russes ne s’étaient pas contentés de prendre Kiev au lieu de « s’éparpiller sur tout le territoire ukrainien ».
Mme Boone assure que la France jugera le nouveau gouvernement italien « sur ses actes » et attendra « de voir ce qui est véritablement mis en œuvre » par Giorgia Meloni, car « il peut y avoir des différences entre les discours de campagne et les actions ».
En effet, selon elle, « en s’intéressant à l’historique des déclarations de ces partis [d’extrême droite], leur rhétorique a beaucoup changé au cours des dernières décennies » en ce qui concerne les questions européennes, comme la monnaie unique ou l’appartenance à l’UE.
En tout état de cause, conclut-elle, « nous resterons très attentifs au respect des valeurs européennes ».
[Propos recueillis par Paul Messad, lundi 26 septembre.]