Emmanuel Macron a reçu le candidat à la présidentielle tchèque Andrej Babis
Le milliardaire et candidat à l’élection présidentielle tchèque Andrej Babis, acquitté en début de semaine dans une affaire de fraude aux subventions européennes, a été reçu mardi (10 janvier) par le président français Emmanuel Macron à l’Élysée, trois jours avant le scrutin.
Le milliardaire et candidat à l’élection présidentielle tchèque Andrej Babiš, acquitté en début de semaine dans une affaire de fraude aux subventions européennes, a été reçu mardi (10 janvier) par le président français Emmanuel Macron à l’Élysée, trois jours avant le scrutin.
« Je suis ravi que le responsable politique européen le plus important ait trouvé le temps de me rencontrer et que nous ayons des relations si amicales », a tweeté Andrej Babiš, photo de la rencontre à l’appui.
« J’étais intéressé par son point de vue sur l’issue de la guerre en Ukraine et, bien sûr, sur la solution à la crise énergétique en Europe », a ajouté M. Babiš, chef du gouvernement de 2017 à 2021.
La présidence française a confirmé l’entrevue et a déclaré que celle-ci ne devait pas être considérée comme un soutien à Andrej Babiš pour les élections. Le chef de l’État l’avait par ailleurs déjà brièvement rencontré en marge d’un sommet européen à Prague en octobre 2022.
M. Babiš est président du mouvement d’opposition populiste centriste ANO, qui a perdu de justesse les élections législatives de 2021 face à une coalition de trois partis de centre droit dirigée par l’actuel Premier ministre, Petr Fiala.
Le premier tour de la présidentielle aura lieu vendredi et samedi (13-14 janvier). M. Babiš compte parmi les grands favoris du scrutin aux côtés de l’ancien général au sein de l’OTAN Petr Pavel et de l’économiste Danuse Nerudova.
Sa formation, ANO, siège aux côtés du parti Renaissance d’Emmanuel Macron avec le groupe libéral et centriste Renew Europe au Parlement européen.
« Il est, bien sûr, courant que des partenaires proches sur le plan politique se soutiennent mutuellement avant les élections. Cependant, tout soutien de ce type devrait avoir ses limites politico-culturelles », a confié l’ancien vice-président libéral du Parlement européen Pavel Telička à EURACTIV République tchèque.
Selon lui, la décision du président français de recevoir M. Babiš quelques jours seulement avant les élections présidentielles tchèques est « inappropriée ».
« [Emmanuel] Macron reçoit un candidat populiste avec lequel il ne partage pas beaucoup de points de vue et de valeurs et qui est soupçonné de pratiques économiques déloyales dans son pays », a résumé M. Telička.
En outre, bien que M. Babiš et son parti siègent au sein du même groupe que Renaissance, le Tchèque s’est toujours montré critique envers l’UE. Il est également un proche allié du Premier ministre hongrois Viktor Orbán.
Poursuites pour fraude
Andrej Babiš, 68 ans, était accusé d’avoir contribué à retirer sa ferme « Nid de cigogne » de sa holding Agrofert, pour qu’elle puisse bénéficier d’une subvention européenne de deux millions de dollars destinée aux petites entreprises.
Il niait tout acte répréhensible, qualifiant le procès de « processus politique » intenté avant l’élection présidentielle.
De plus, il faisait l’objet d’une enquête en France pour fraude fiscale et blanchiment d’argent concernant l’achat de résidences dans le sud du pays. Le parquet national financier français (PNF) a ouvert une enquête préliminaire sur M. Babiš pour des allégations de blanchiment d’argent en février 2022, après que des informations sur ses propriétés en France ont été divulguées dans les « Pandora Papers » l’année précédente.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]