Emmanuel Macron en Chine : de nouveaux débouchés pour le porc français
À l'occasion du déplacement présidentiel en Chine, 15 sociétés françaises ont obtenu des autorisations pour exporter du porc en Chine, ce dont se réjouit l'interprofession.
À l’occasion du déplacement présidentiel en Chine, 15 sociétés françaises ont obtenu des autorisations pour exporter du porc en Chine, ce dont se réjouit l’interprofession.
Annoncé par le Président de la République fin février lors du Salon international de l’agriculture, le déplacement en Chine qui s’achève ce vendredi matin (7 avril) a été fructueux pour la filière porc.
Selon un communiqué de l’Élysée jeudi, 15 nouveaux agréments ont été obtenus par des sociétés françaises – abattoirs et charcuteries – donnant droit à exporter leurs produits en Chine.
« Pour exporter, il faut que les autorités chinoises aient pu vérifier que vous respectez toutes les normes imposées par le pays. Un travail est mené en amont par les autorités sanitaires françaises et des pré-audits réalisés par les autorités chinoises », explique à EURACTIV Anne Richard, directrice d’Inaporc, l’interprofession porcine.
Le président d’Inaporc, Thierry Meyer, faisait partie du voyage, avec plus de 50 chefs d’entreprises françaises tous secteurs confondus.
17 % des exportations de porcs français sont exportés en Chine, première destination des dans les pays tiers. 140 000 tonnes d’animaux y sont envoyées tous les ans. Dans ce pays d’1,4 milliards d’habitants en pleine expansion, le porc est un aliment central de la cuisine nationale.
La demande croissante de porc en Chine est également liée à la grave crise de la fièvre porcine africaine, dont le pays se remet à peine. Entre 2018 et 2020, la maladie avait ravagé une grande partie du cheptel, en cours de reconstitution depuis grâce à des investissements colossaux dans l’élevage industriel.
En 2019, lors du précédent voyage du Président, un accord avait été signé pour que la France puisse continuer à exporter, même en cas de peste porcine, depuis les territoires non touchés. En revanche d’autres pays comme l’Allemagne ont subi de fortes restrictions.
Pieds, oreilles valorisées
« Nous valorisons des produits qu’on ne consomme plus en France : les pieds, les oreilles… Et comme les Chinois en sont très friands, nous les vendons très bien. En France, ils seraient jetés », reconnaît Anne Richard.
Cette opportunité peut rapporter au producteur jusqu’à 10 euros par animal abattu, ce qui n’est pas rien selon la professionnelle, « cela participe à l’équilibre de la filière ».
Après des années 2021 et 2022 difficiles en raison de la crise du Covid et des conséquences de la guerre en Ukraine, qui ont fait chuter les prix en Europe, ces derniers repartent de plus belle jusqu’à atteindre des records en début d’année 2023 (2,5 euros/kg). Résultat, la filière aval – abattoirs et charcutiers – sont à la peine : 6 % d’abattage en moins en ce début d’année.
Les nouveaux contrats chinois tombent donc à point nommé pour les entreprises concernées.