Emmanuel Macron temporise sur le choix du futur chef du gouvernement

Emmanuel Macron ne devrait pas nommer le futur Premier ministre ni le gouvernement avant la fin de la semaine prochaine, alors qu’il sera officiellement investi pour un second mandat dès samedi (7 mai).

Euractiv France
French President Macron visits Percy Army Hospital in Clamart
Emmanuel Macron souhaite nommer une personnalité « attachée à la question sociale, à la question écologique et à la question productive ». [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON / POOL]

Emmanuel Macron ne devrait pas nommer le futur Premier ministre ni le gouvernement avant la fin de la semaine prochaine, alors qu’il sera officiellement investi pour un second mandat dès samedi (7 mai) et que plusieurs personnalités affirment avoir refusé le poste.

À l’issue du Conseil des ministres de mercredi (4 mai), le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a annoncé que « le gouvernement Castex ira au bout de sa tâche et restera en place jusqu’à la fin du premier quinquennat d’Emmanuel Macron », qui se termine, d’un point de vue institutionnel, le 13 mai.

La nomination du prochain Premier ministre est pourtant très attendue, étant donné qu’en général elle est toujours intervenue le jour même ou le lendemain de l’investiture du président nouvellement élu. La cérémonie marque également la passation de pouvoir lorsqu’un nouveau président est élu.

Les difficultés pour Emmanuel Macron dans la recherche de son futur Premier ministre sont compliquées par les critères qu’il a lui-même dressés lors de son premier déplacement après sa réélection du 24 avril. La femme ou l’homme qu’il choisira devra être « attaché à la question sociale, à la question écologique et à la question productive », avait-il déclaré.

C’est donc un profil plutôt de gauche qui serait privilégié par M. Macron, dans le contexte où la droite républicaine est faible et que ses électeurs ont déjà largement rallié le président récemment réélu.

Une nomination sociale-démocrate aurait aussi le mérite de déstabiliser la tentative d’une union de la gauche derrière Jean-Luc Mélenchon, qui se révèle très douloureuse pour les socialistes notamment.

En ce sens, la presse fait état de deux femmes, marquées à gauche, qui auraient refusé le poste de Première ministre. Véronique Bédague, ancienne directrice de cabinet du socialiste Manuel Valls et aujourd’hui directrice générale du géant de l’immobilier Nexity, et Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

À la suite de ces révélations, le porte-parole du gouvernement a indiqué qu’ « aucune proposition n’a été faite à qui que ce soit en la matière ».

Malgré le démenti, il est possible – et vraisemblable – qu’elles aient été approchées par l’entourage du président, et pas directement par M. Macron lui-même.

Mais Emmanuel Macron a précisé que « la couleur politique ne dit pas tout », laissant la porte ouverte à la nomination d’une personnalité de droite. Entre autres, le nom de Christelle Morançais, présidente Les Républicains de la région Pays de la Loire, est évoqué.

D’autres noms circulent comme celui d’Elisabeth Borne, issue de la gauche, proche du président, actuelle ministre du Travail et ancienne ministre des Transports.

« Le temps des décisions individuelles n’est pas venu », a conclu Gabriel Attal.