En Belgique, des « toilettes pour vaches » pour lutter contre la pollution agricole
La Flandre mise sur des « toilettes pour vaches » pour lutter contre la pollution liée aux déchets d’élevage.
Le gouvernement flamand a informé la Commission européenne qu’il avait rédigé un projet de loi visant à inclure une invention néerlandaise parmi les solutions approuvées pour réduire les émissions d’ammoniac provenant des étables.
L’ammoniac est particulièrement nocif pour les écosystèmes aquatiques, car un excès d’azote entraîne un phénomène d’eutrophisation qui dégrade la qualité de l’eau, nuit à la biodiversité et a des effets toxiques.
Selon l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) , l’agriculture est la principale source de 93 % des émissions d’ammoniac dans l’UE, en particulier en raison de l’élevage, du traitement du fumier et de l’épandage d’engrais dans les champs.
Dans le cadre du projet pilote flamand, les animaux sont doucement massés dans des « toilettes pour vaches » inventées par la société néerlandaise d’agrotechnologie Hanskamp pour stimuler la miction. L’urine est ensuite collectée avant d’entrer en contact avec le fumier solide, ce empêche sa transformation en ammoniac, selon le projet de loi.
« Un produit attractif tel que des aliments concentrés incite la vache à se rendre à la station de collecte d’urine », peut-on lire dans le texte.
Le projet flamand décrit les conditions d’utilisation des « toilettes » à l’intérieur d’une étable et estime à 35 % la réduction globale des émissions d’ammoniac. Les Pays-Bas ont approuvé cette solution en avril dernier afin de réduire la pollution causée par les élevages.
La Flandre et les Pays-Bas sont tous deux confrontés à un excès de fumier et à une pollution par les nitrates due à la forte densité des élevages, ces derniers ayant même atteint une impasse concernant les permis environnementaux pour les projets agricoles et immobiliers.
Récemment, l’UE a approuvé une proposition visant à assouplir les règles relatives aux engrais à base de fumier — une demande de longue date des agriculteurs néerlandais.
Le ministère néerlandais de l’Agriculture, l’Université de Wageningen et les créateurs de la « CowToilet » participent également à un projet pilote visant à étudier comment l’urine collectée peut être réutilisée comme substitut d’engrais.