L’UE prévoit une hausse des exportations de céréales pour combler le déficit mondial en blé ukrainien

Au cours des deux prochaines années, la Commission européenne prévoit une augmentation de 30 % des exportations de céréales afin d’atténuer l’impact sur les marchés mondiaux de la baisse de rendement de l’Ukraine due à la guerre.

EURACTIV.com
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Alors que la baisse de la production de céréales ukrainiennes fait craindre des crises alimentaires dans le monde, les obstacles s'accumulent pour Mme Ivanova. [<a href="https://www.shutterstock.com/it/image-photo/flag-ukraine-blueyellow-lying-on-ripe-2006974598" target="_blank" rel="noopener">SHUTTERSTOCK/DobraKobra</a>]

Au cours des deux prochaines années, la Commission européenne prévoit une augmentation de 30 % des exportations de céréales afin d’atténuer l’impact sur les marchés mondiaux de la baisse de rendement de l’Ukraine due à la guerre.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a remis en lumière la sécurité alimentaire, car les deux pays impliqués dans la guerre jouent un rôle central dans l’approvisionnement mondial en céréales et huiles de base.

Ensemble, les deux puissances agricoles fournissent plus d’un tiers du blé et de l’orge, 52 % du maïs et plus de 50 % de l’huile et des graines de tournesol dans le monde.

Le dernier rapport sur les perspectives commerciales à court terme rédigé par la Commission européenne et publié mardi 5 avril reconnaît que l’invasion russe a « considérablement perturbé les marchés agricoles, créant davantage d’incertitude quant à la disponibilité future des céréales et des oléagineux au niveau mondial ».

Toutefois, le rapport précise que la récolte européenne, tant pour les céréales que pour les oléagineux, devrait être « très bonne », selon les nouvelles projections de données publiées par l’exécutif européen.

Outre l’augmentation prévue de la récolte des cultures arables, la baisse de la demande en aliments pour animaux résultant de la crise du secteur de la viande porcine contribuera également à l’augmentation attendue de la production.

Malgré des évolutions de prix encourageantes, la production de viande porcine sera affectée par les effets durables de la peste porcine africaine (PPA) et les coûts élevés de l’énergie et des aliments pour animaux, ce qui maintiendra la pression sur les marges des producteurs.

Par conséquent, la demande en aliments pour animaux devrait diminuer de 1,1 % dans le courant de l’année 2022-2023, de même que l’utilisation des céréales pour la production de biocarburants, qui chutera de 8 % au cours de la même période de deux ans.

L’effet combiné de ces deux facteurs devrait permettre aux exportations de céréales de l’Union européenne d’être supérieures de 30 % par rapport à la moyenne quinquennale, avec une baisse supplémentaire de 42 % des importations de céréales de l’UE.

« Cela contribuerait à amortir l’impact sur les marchés mondiaux de l’absence prévue d’exportations de céréales en provenance d’Ukraine », indique le rapport.

Le rapport reconnaît également les incertitudes quant à la possibilité pour les agriculteurs ukrainiens de semer, de fertiliser et de récolter leur production cette année. Les perturbations des transports et de la logistique causées par les affrontements auront également un impact sur la capacité de l’Ukraine à évaluer la production actuelle et future.

Le scénario prévisionnel prévoit que l’Ukraine n’exportera pas en 2022-2023 et que 20 millions de tonnes de blé manqueront sur le marché mondial.

Les prix des céréales sur le marché de l’UE, qui ont déjà explosé ces dernières semaines, devraient rester particulièrement élevés cette année ainsi qu’en 2023, car les agriculteurs ont déjà semé et la superficie de production de 2022 devrait augmenter de 1 %.

Cependant, les dernières mesures adoptées par l’UE, notamment la récente décision d’autoriser exceptionnellement la production sur les terres en jachère, devraient permettre d’accroître la production en augmentant les terres utilisables pour la culture des céréales, combinées à l’effet positif sur la production de prix élevés pour des cultures comme le maïs.

En raison des conditions météorologiques extrêmes, les régions du sud de l’Europe et de l’Afrique du Nord suscitent quelques inquiétudes, car ces conditions ont déjà eu des répercussions sur les cultures d’hiver.

Alors que l’UE est largement autosuffisante pour la plupart des produits agricoles de base, les prévisions indiquent qu’il n’y a pas de réelle possibilité de remplacer les importations d’huile de tournesol en provenance d’Ukraine, les industriels de l’agroalimentaire exprimant déjà leurs inquiétudes sur ce point.

L’Ukraine représentait plus d’un tiers du commerce mondial d’huile de tournesol en 2021. Cependant, les stocks de graines de tournesol étaient à des niveaux confortables l’année dernière, bénéficiant de récoltes exceptionnelles en Europe et d’augmentations significatives en Chine, en Turquie et au Kazakhstan.

Les importations de produits de tournesol devraient diminuer radicalement, de 45 %, car les importations en provenance d’Ukraine se sont arrêtées après le début de la guerre. Les prix se maintiendront également à des niveaux records, y compris pour les produits de substitution comme le colza et les autres oléagineux.

Pour la Commission européenne, cela pourrait néanmoins créer des opportunités pour d’autres produits, tels que l’huile d’olive pour la cuisson, la production ayant augmenté de 10 % en 2021-2022.