Evacuation musclée des occupants de la TV publique grecque

La police anti-émeute est intervenue à Athènes pour faire évacuer l'ancien siège de la télévision publique grecque, occupé par des dizaines de journalistes et employés licenciés lors de la fermeture d'ERT en juin.

EURACTIV.fr / Reuters
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La police anti-émeute est intervenue à Athènes pour faire évacuer l'ancien siège de la télévision publique grecque, occupé par des dizaines de journalistes et employés licenciés lors de la fermeture d'ERT en juin.

La Grèce a mis fin aux activités télévisuelles d'ERT pour faire des économies et se plier aux exigences des plans d'aide accordés par ses créanciers internationaux. Des journalistes de la principale chaîne publique ont refusé la décision et utilisé Internet pour diffuser des programmes de façon illégale.

L'assaut a été lancé avant l'aube et la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des petits groupes de manifestants qui résistaient. Deux anciens salariés et deux syndicalistes ont été brièvement détenus. Certains journalistes ont refusé de s'en aller et se sont rassemblés dans la cour du bâtiment, où ils ont été rejoints par d'autres manifestants.

« J'étais en direct lorsque la police antiémeute a envahi le studio et m'a ordonné de fermer les micros et de partir », a déclaré Nikos Tsibidas, porte-parole du personnel syndiqué de la station de radio de l'ERT. « Je n'ai jamais vu une chose pareille. C'est barbare et révélateur de l'état de la démocratie dans notre pays. »

Cette opération a été lancée alors que se trouve à Athènes une délégation de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), chargée de vérifier la mise en place des réformes promises aux créanciers du pays.

« C'est comme ça que le fascisme fonctionne, sournoisement et dans la nuit », a indiqué Adrianna Bili, une ancienne employée, chassée du bâtiment. « C'est comme si j'avais été violée, comme s'ils étaient entrés chez moi et qu'ils avaient violé ma vie, la démocratie. »

« Comportement autocratique »

« Le gouvernement a atteint un tel niveau dans le délire qu'il est en train d'organiser un coup d'État contre lui-même », a de son côté estimé Zoe Konstantopoulou, une élue du parti d'extrême gauche Syriza, principale formation d'opposition.

« Certains devront rendre des comptes face à l'Histoire et aux générations futures », a-t-elle ajouté, après s'être rendue au siège d'ERT avec d'autres membres de son parti.

L'opposition a obtenu l'organisation d'un vote de confiance dimanche soir au Parlement, que le gouvernement d'Antonis Samaras devrait facilement remporter.

Un porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou, a évoqué une « occupation illégale » et expliqué que la police était intervenue pour « faire respecter la loi ».

Quelque 300 personnes se sont rassemblées devant le bâtiment, situé à Agia Paraskevi, une banlieue au nord d'Athènes. À l'intérieur, la police vérifiait l'état du matériel et des installations en présence d'un représentant du parquet.

« Le combat pour la démocratie et la justice sociale, que mènent depuis plus de quatre mois les employés d'ERT, vit son moment le plus crucial », peut-on lire dans un message publié sur la page du diffuseur sur le réseau social Facebook. « Il est temps d'agir, rassemblons-nous maintenant ! »

La fermeture soudaine des chaînes de télévision d'ERT a conduit aux licenciements de 2 600 employés et au départ de la Gauche démocratique (Dimar) du gouvernement de coalition, désormais uniquement formé par les conservateurs du Premier ministre Antonis Samaras, les socialistes du Pasok et l'indépendant Yannis Stournaras au ministère des Finances.

La Dimar a dénoncé le 7 novembre le comportement « autocratique » du gouvernement dans la mise en place des réformes et critiqué « la violente restructuration de la télévision publique ».

Depuis juin, le gouvernement a lancé une nouvelle chaîne, simplement intitulée Télévision publique, ou DT.