Les autorités françaises mettent en garde contre des préservatifs non conformes
Selon les estimations, plus de 40 000 produits non conformes seraient vendus en ligne et en magasin
Les autorités de contrôle françaises tirent la sonnette d’alarme concernant des préservatifs dangereux, après des contrôles menés auprès de vendeurs en ligne, de magasins de proximité et de pharmacies qui ont permis de mettre au jour des milliers de produits présentant des risques pour la sécurité.
La Direction Générale de la Santé (DGS) et la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) ont annoncé vendredi avoir identifié une trentaine de gammes de produits ne portant pas le marquage CE et n’ayant pas fait l’objet des tests de sécurité obligatoires.
Environ 1 000 boîtes ont été vendues, soit plus de 40 000 préservatifs au total, selon l’agence de santé publique, qui a précisé que la majorité d’entre eux ont été distribués par des vendeurs asiatiques.
Ces préservatifs sont « susceptibles de présenter des risques graves pour la santé et sécurité des utilisateurs », notamment des grossesses non désirées et des infections sexuellement transmissibles (IST), telles que le VIH, ont averti les autorités.
Bien que les autorités n’aient pas précisé quelles plateformes en ligne proposaient ces préservatifs dangereux, elles ont indiqué qu’à la suite de leur alerte de sécurité, les plateformes ont retiré les annonces concernées.
Les consommatrices susceptibles d’avoir utilisé ces produits dangereux ont été exhortées à se soumettre à un dépistage des IST et à effectuer un test de grossesse en cas de retard de règles.
En Europe, les préservatifs sont classés comme des dispositifs médicaux et doivent répondre à des exigences strictes en matière de biocompatibilité, de résistance aux fuites, de contamination microbienne, de dimensions, de durée de conservation et de stabilité.
Les préservatifs conformes aux normes de sécurité sont considérés comme une méthode efficace de prévention de la grossesse et de protection contre les IST. Ils réduisent également le risque de complications liées aux IST, telles que les maladies inflammatoires pelviennes, le cancer du col de l’utérus et l’infertilité.
Taux d’échec
L’OMS estime le taux d’échec des préservatifs en « utilisation typique » à environ 13 % par an dans des conditions réelles – ce qui signifie qu’il y aura environ 13 grossesses pour 100 femmes dont les partenaires utilisent des préservatifs masculins – en raison de problèmes d’utilisation tels qu’un mauvais positionnement, une utilisation après la date de péremption, une incompatibilité avec les lubrifiants ou des ruptures.
En règle générale, seuls 1 à 2 % des préservatifs portant le marquage CE présentent un défaut matériel tel qu’une déchirure ou une perforation. Mais le risque de défaillance augmente considérablement pour les préservatifs non conformes, car ceux-ci n’ont pas fait l’objet d’une évaluation de conformité CE.
Des faiblesses du matériau, des micro-perforations, une résistance à la traction insuffisante et un stockage inapproprié peuvent entraîner la déchirure ou la perméabilité des préservatifs non conformes.
Dans de tels cas, les autorités sanitaires avertissent que le risque de grossesse non désirée ou de transmission d’IST est pratiquement comparable à celui d’un rapport sexuel non protégé.
Cette alerte française s’inscrit dans un contexte plus large d’importations européennes dangereuses.
En juillet, l’Office européen de lutte antifraude, l’OLAF, a signalé que plus de 200 000 préservatifs « non testés, non contrôlés et dangereux » ont été découverts dans plusieurs pays de l’UE, en provenance de Chine. Son directeur général, Petr Klement, a averti que ces produits « dangereux » peuvent entraîner la propagation d’IST.
(nl)