Fiasco diplomatique au sommet de Varsovie
Lors du sommet du Partenariat oriental à Varsovie le 30 septembre, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine ont refusé de signer une déclaration condamnant la dégradation des droits de l'Homme, de la démocratie et de l'Etat de droit au Bélarus.
Lors du sommet du Partenariat oriental à Varsovie le 30 septembre, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine ont refusé de signer une déclaration condamnant la dégradation des droits de l'Homme, de la démocratie et de l'Etat de droit au Bélarus.
Seuls les pays de l'UE ont signé une « déclaration sur la situation au Bélarus », déplorant la perpétuelle dégradation de la liberté de la presse dans le pays et appelant à la libération et à la réhabilitation immédiates de tous les prisonniers politiques.
Selon un représentant de la présidence polonaise de l'UE, les organisateurs ont tenté d'aboutir à une déclaration commune rassemblant tous les participants, après que le Bélarus a annoncé qu'il quittait le Partenariat oriental de l'UE, une initiative visantvouée à développer des relations plus étroites avec les pays situés à l'est de l'Europe.
Une conférence de la société civile a été organisée en marge du sommet, où le premier ministre polonais, Donald Tusk, et le président du Conseil, Herman Van Rompuy, se sont entretenus avec l'opposition bélarussienne. Dès son retour de Varsovie, le leader de l'opposition, Anatoli Lebedko, a été arrêté par la police.
La déclaration ne fait aucune mention de l'aggravation de la situation en matière de respect des droits de l'Homme dans les autres pays du Partenariat oriental, comme en Ukraine par exemple, où l'ancienne première ministre, Ioulia Timochenko, est poursuivie en justice dans le cadre d'un procès qualifié de « politique » par l'UE.
Toutefois, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, qui présidait le sommet, a déclaré que l'UE « avait exprimé ses craintes quant au sort réservé à l'ancienne première ministre » et qu'elle était contre le recours à des mesures judiciaires contre les membres de l'ancien gouvernement.
Les élections approchent
Selon la radio polonaise, le parti polonais de l'opposition, Droit et justice (PiS) de l'ancien premier ministre, Jaros?aw Kaczy?ski, a accusé le gouvernement et le ministère des affaires étrangères de ne pas avoir correctement préparé le sommet. Selon lui, le refus des cinq pays de signer la déclaration sur le Bélarus est un « fiasco » pour la diplomatie polonaise. La Pologne organisera des élections législatives le 9 octobre.
Plateforme civique, le parti du premier ministre polonais, Donald Tusk, mène de seulement trois points devant le principal parti de droite de l'opposition, Droit et justice, moins d'une semaine avant les élections législatives, a fait savoir Reuters aujourd'hui (3 octobre), citant le dernier sondage d'opinion en date.
PO, qui était censé remporter les élections du 9 octobre haut la main, a reçu le soutien de 32 % des Polonais, selon le sondage réalisé par Millward Brown SMG/KRC pour Gazeta.pl.
« Toujours plus »
Néanmoins, la partie la plus substantielle de la déclaration a reçu le soutien de tous les participants. L'Union européenne s'attache au principe du « toujours plus », souhaitant assister les pays du Partenariat oriental et les aider dans leur intégration, en fonction de leurs progrès réels en matière de réformes.
Selon les détracteurs du Partenariat oriental, ce dernier ne dispose pas du pouvoir nécessaire pour transformer les sociétés des pays participants, car il reste ambigu sur le type de relations que ces pays entretiendront avec l'Union à plus long terme.
Même si l'UE est en pleine crise économique, elle souhaite mettre au point une nouvelle stratégie en termes de politique de voisinage, peut-on lire dans la déclaration.
M. Van Rompuy a insisté sur le fait que les pays du Partenariat oriental restaient « une priorité pour l'Union européenne » et que des objectifs avaient été établis pour les années à venir.
Les pays du Partenariat sont particulièrement intéressés par les programmes visant à faciliter la délivrance de visas, comme ceux qui s'appliquent actuellement aux pays des Balkans occidentaux.
« Nous avons également concrétisé la vision d’un régime sans visas pour tous les participants intéressés du Partenariat oriental » (déjà traduit), a déclaré M. Tusk, précisant que les Etats du Partenariat oriental s'étaient vu promettre une liberté de circulation dans l'UE, dès qu'ils seraient prêts.
L'UE est actuellement en train de mettre en œuvre un plan d'action en matière de visas avec l'Ukraine et la Moldavie, dont l'objectif est la libéralisation du régime des visas. Une facilitation du régime des visas et des accords de réadmission sont appliqués à la Géorgie, et Bruxelles espère négocier des accords similaires avec l'Arménie, l'Azerbaïdjan et le Bélarus.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a laissé entendre que les pays du Partenariat pourraient bénéficier de plus de financement : « La Commission européenne a proposé des fonds supplémentaires voués à développer leau développement du Partenariat oriental ». Le montant total des financements du Partenariat atteint près de deux milliards d'euros actuellement.
Accord de libre-échange à l'horizon
Lors du sommet, il a également été confirmé que l'Ukraine, le premier sur la liste dans ce domaine, pourrait conclure un accord de libre-échange approfondi et complet (DCFTA) d'ici la fin de l'année et que des négociations similaires pourraient être lancées avec la Moldavie et la Géorgie. En outre, une Académie d’administration publique du Partenariat oriental sera créée à Varsovie pour renforcer la construction des institutions démocratiques dans les pays partenaires.
Štefan Füle, le commissaire européen à l'élargissement et à la politique de voisinage de l'UE a affirmé que la Commission avait mis en place unen programme pour la société civile dans le cadre de la politique de voisinage il y a quelques jours. Pour l'année 2011, le budget alloué à ce programme s'élève à 22 millions d'euros. « Nous souhaitons également mettre sur pied une fondation européenne pour la démocratie », a-t-il ajouté.
« Nous devons expliquer notre travail aux citoyens. Améliorer la visibilité de nos activités dans le cadre du Partenariat oriental est un défi pour l'avenir », a affirmé M. Füle.