Foie gras : le gavage n’est désormais plus pratiqué en Flandre
Avec la mise à l'arrêt de la toute dernière production de foie gras, le gavage de palmipèdes n'existe plus en Flandre.
Avec la mise à l’arrêt de la toute dernière production de foie gras, le gavage de palmipèdes n’existe plus en Flandre.
Il n’en restait plus qu’un. Il y a quelques semaines encore, l’élevage situé à Ichtegem, en Flandre occidentale, gavait encore ses canards pour produire du foie gras. C’en est terminé.
En cause ? Une volonté du ministre flamand chargé du Bien-être animal, Ben Weyts, lequel avait promis de supprimer la pratique du gavage fin 2023. C’est donc avec un an d’avance, moyennant des compensations financières, que la Flandre quitte le cercle des producteurs européens de foie gras, à savoir la France, la Hongrie, la Bulgarie et la Belgique (Wallonie).
« Je suis heureux que l’entreprise ne veuille pas nécessairement continuer jusqu’au bout », a déclaré le ministre. « Nous ne voulons plus de ces activités en Flandre, mais nous avons apporté une compensation. De cette façon, l’entreprise peut arrêter ces activités de manière digne. »
Après l’interdiction de l’abattage sans étourdissement, des élevages destinés à la production de fourrure, Ben Weyts, appuyé par les associations de protection animale, se réjouit d’avoir dit « une fois de plus adieu à une pratique dépassée ».
Flanders' last foie gras producer closes its doors! 🎉
By the end of this year, force-feeding will officially be banned in Flanders! 🇧🇪
Well done @jobrouns1 👏 pic.twitter.com/7Qevn1hYLz
— Compassion in World Farming EU (@CIWF_EU) January 4, 2023
Pour Euro Foie gras, association de promotion du produit et des élevages en Europe, cette décision est incompréhensible.
« Les producteurs belges font figure d’exemple en matière de bien-être animal, leurs
bonnes pratiques étant certifiées par les services publics. Ils ne comprennent donc pas cet
acharnement contre leur production alors que leurs animaux bénéficient d’un bien-être répondant aux critères les plus exigeants au monde », avait réagi l’association européenne en 2019, au moment de l’adoption du décret interdisant le gavage par le parlement flamand.
« La Commission européenne assure pourtant la légitimité de la production de foie gras, définie par des règlements européens. Cette disparition appauvrit le patrimoine européen dans ses traditions de consommation », ajoute Marie-Pierre Pé à EURACTIV, Directrice du Cifog (Comité interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras) et animatrice d’Euro Foie Gras.
Impact dérisoire ?
Si l’entreprise continuera à vendre du foie gras, il proviendra désormais de France ou de Wallonie, région belge où le gavage est toujours autorisé et pratiqué par une dizaine de fabricants. Ces éleveurs locaux n’assurent que 5 % de la consommation des Belges, et pas plus de 0,1 % de la production européenne.
« C’est comme si on interdisait le pudding en France », reconnaît la représentante de l’interprofession française. « On s’en prend à un producteur isolé. C’est d’autant plus attristant. »
L’étape d’après ? Les associations environnementales, comme Gaia, lorgnent sur le reste de la Belgique. L’association a déposé en décembre dernier auprès du parlement wallon une pétition ayant recueilli plus de 6 650 signatures, dont 1 578 électroniques, pour interdire la pratique.
« La Flandre prend la tête en Europe pour plus de bien-être animal », a déclaré le ministre flamand Ben Weyts. « Une société civilisée a le devoir d’éviter autant que possible les souffrances animales. »
Pour les défenseurs du foie gras, la Wallonie a les moyens de sauvegarder sa filière, certes modeste, mais qui emploie plus d’une centaine de personnes. De plus, la consommation y est très ancrée et les produits belges plébiscités. Le royaume demeure le deuxième consommateur de foie gras au monde, juste derrière les Français.