France : l’Insee va lever le voile sur une croissance attendue modeste au deuxième trimestre
L’Institut national de la statistique dévoilera vendredi le niveau de croissance de l’économie française au deuxième trimestre, laquelle devrait se maintenir tout juste au-dessus de la ligne de flottaison, affaiblie par une consommation en berne, même si l’inflation se détend.
L’Institut national de la statistique dévoilera vendredi (28 juillet) le niveau de croissance de l’économie française au deuxième trimestre, laquelle devrait se maintenir tout juste au-dessus de la ligne de flottaison, affaiblie par une consommation en berne, même si l’inflation se détend.
Entre avril et juin, le produit intérieur brut (PIB) progresserait de 0,1 %, selon une prévision de l’Insee, qui dira vendredi si cette anticipation se confirme ou non, après un premier trimestre où le PIB avait augmenté de 0,2 %.
Fléchissement de la consommation des ménages, maintien de leur épargne à des niveaux élevés, essoufflement de l’investissement des entreprises, tarissement de l’accès au crédit avec la forte remontée des taux : le printemps risque d’avoir été brumeux pour l’activité économique.
« À peu près tous les indicateurs pointent vers un affaiblissement très marqué de la croissance », constate Maxime Darmet, économiste d’Allianz Trade, interrogé par l’AFP.
Moteur traditionnel de l’économie, les dépenses des ménages ont continué à pâtir d’une inflation élevée. Celle-ci a commencé à refluer durant le trimestre, passant son pic et atteignant 4,5 % sur un an en juin grâce au repli de l’énergie, mais les prix alimentaires ont continué de flamber, avec près de 14 % de hausse.
Pour tenter de juguler ces hausses de prix et revenir à l’horizon 2025 à une inflation de 2 %, la Banque centrale européenne (BCE) opère depuis un an un resserrement monétaire d’une ampleur inédite, qui se traduit par une hausse marquée des taux directeurs.
Alors que le crédit avait jusqu’ici permis de soutenir la consommation des ménages, leurs investissements et ceux des entreprises, ce durcissement des conditions financières commence aussi à peser sur la demande.
Tirant leur épingle du jeu, les services auraient fait preuve de résistance au deuxième trimestre, tout comme la production industrielle qui profite encore de la normalisation des chaînes d’approvisionnement après de fortes perturbations durant la pandémie.
« Retournement de cycle »
Parmi les éléments de résilience, Stéphane Colliac, économiste de BNP Paribas, énumère la bonne tenue des secteurs automobile et aéronautique, le tourisme et les transports, qui ont connu au deuxième trimestre un regain d’activité après les grèves liées à la réforme des retraites.
« Mais la moindre demande a un impact sur la croissance puisqu’elle contraint la production » et les carnets de commandes se font désormais « plus faibles », souligne l’économiste auprès de l’AFP.
Son confrère Maxime Darmet constate une hausse des stocks, qu’il juge « de mauvais augure ». Elle traduit un surplus d’offre et « c’est en général le signe d’un retournement du cycle à la baisse ».
L’Insee publiera vendredi deux autres indicateurs qui permettront également de prendre le pouls de la situation conjoncturelle du pays : une estimation provisoire de l’inflation en juillet et la consommation des ménages au mois de juin.
Ce tableau en demi-teinte pour le deuxième trimestre annonce un net coup de frein pour l’ensemble de l’année 2023, avec une hausse prévue de 0,6 % du PIB, selon l’Insee, loin des 2,5 % de 2022.
Le gouvernement est jusqu’à présent plus optimiste, misant sur une croissance de 1 %, mais il pourrait revoir ses prévisions à l’occasion de la présentation du budget 2024 en septembre.
La volonté de l’exécutif de rétablir des finances publiques minées par les crises en déployant une politique budgétaire plus restrictive — notamment la réduction du bouclier tarifaire — devrait peser. Ainsi, les tarifs réglementés de l’électricité augmenteront de 10 % au 1er août.
Ces effets négatifs seraient toutefois compensés par le maintien peu ou prou de l’emploi et l’accélération de la progression des salaires, qui rattrapent l’inflation avec un décalage. Avec à la clef, un petit rebond à la consommation des ménages.