Hongrie : la route vers l'euro demeure semée d'embûches [FR]
Les nouveaux Etats membres sont tous tenus d'adopter, à plus ou moins court terme, la monnaie unique européenne. Pour un pays comme la Hongrie, l'entrée dans la zone euro ne pourra se faire qu'au terme d'un processus long et difficile.
Les nouveaux Etats membres sont tous tenus d’adopter, à plus ou moins court terme, la monnaie unique européenne. Pour un pays comme la Hongrie, l’entrée dans la zone euro ne pourra se faire qu’au terme d’un processus long et difficile.
A l’heure actuelle, la Hongrie ne respecte aucun des critères de Maastricht.
En 2004, la dette publique et le déficit budgétaire hongrois représentaient respectivement 60,7% et 5,4%du PIB du pays, se situant donc au-dessus des seuils imposés par le pacte de stabilité (60% du PIB pour la dette, 3% pour le PIB). Pour 2005, les prévisions budgétaires annonçaient un déficit supérieur à 5%, chiffre revu à la hausse après la publication des chiffres du premier trimestre. En mars 2003, le taux d’inflation se situait à 3,3%, et il devrait atteindre 3 à 3,5% d’ici la fin de l’année.
L’explosion du déficit budgétaire hongrois remonte à l’année 2002, lorsque fut introduite – par le gouvernement du premier ministre socialiste Péter Medgyessy – une série de réformes sociales particulièrement coûteuse pour les caisses de l’Etat. A cette époque, le déficit budgétaire hongrois atteint le chiffre de 9% du PIB.
« Le gouvernement n’a pas su introduire les réformes structurelles qui auraient permis de réduire le niveau des dépenses publiques, et je porte moi-même ma part de responsabilité dans cet échec », déclarait le ministre des finances Tibor Draskovics au mois de mars dernier.
En avril 2005, le premier ministre socialiste Ferenc Gyurcsány relevait Draskovics de ses fonctions au sein du gouvernement, pour placer à la tête du ministère des finances son propre chef de cabinet, János Veres – celui-ci étant chargé d’instaurer une « discipline budgétaire plus stricte » dans le pays. M. Veres est le troisième ministre des finances issu de la coalition socialiste-libérale, au pouvoir depuis 2002.
Selon les termes de l’accord portant sur la réforme du pacte de stabilité, conclu en mars 2005 par les ministres des finances de l’Union, une nouvelle méthode sera bientôt utilisée pour calculer les déficits budgétaires des nouveaux Etats membres. L’objectif est ici de permettre aux pays de l’élargissement de respecter plus facilement les critères de Maastricht. Grâce à cette réforme, la Hongrie (tout comme d’ailleurs la Slovaquie et la Pologne) pourra ainsi exclure les coûts liés à la réforme de son système de retraites du calcul de ses dépenses publiques, ce qui devrait lui permettre de ramener son déficit budgétaire en dessous du seuil des 3% d’ici 2007.
Une majorité d’observateurs fixent à 2010 la date probable de l’entrée de la Hongrie dans la zone euro. L’adoption de l’euro est un objectif faisant consensus au sein de la classe politique hongroise. Les prochaines élections législatives étant prévues pour 2006, il faut s’attendre à ce que les inévitables mesures de restrictions budgétaires nécessaires en vue de l’adoption de l’euro soient mises en oeuvre au début du mandat du nouveau gouvernement (au plus tôt). Quelle que soit la couleur de celui-ci, le volontarisme devrait être au rendez-vous sur ce chapitre, l’objectif d’adoption de la monnaie unique faisant consensus au sein de la classe politique hongroise.