Horizon Europe : renforcement budgétaire pour 2022, une bonne nouvelle pour l’agroalimentaire

Le Parlement européen a approuvé le budget 2022 du programme de recherche de l’UE, Horizon Europe, en lui accordant une somme additionnelle de 100 millions d’euros.

EURACTIV.com
This article is part of our special report "Qu’y a-t-il à l’horizon pour l’agriculture ?"
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Horizon Europe facilite la collaboration et renforce l’impact de la recherche et de l’innovation dans le développement, le soutien et la mise en œuvre des politiques de l’UE tout en s’attaquant aux défis mondiaux. [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/agriculture-gardener-farm-harvest-vegetable-technology-1610882512" target="_blank" rel="noopener">[SHUTTERSTOCK]</a>]

Le Parlement européen a approuvé le budget 2022 du programme de recherche de l’UE, Horizon Europe, en lui accordant une somme additionnelle de 100 millions d’euros. Cette nouvelle est un véritable soulagement pour les acteurs du secteur agricole qui avaient précédemment mis en garde contre l’impact d’une réduction du financement sur les objectifs de durabilité du secteur.

Mercredi 24 novembre, les eurodéputés ont approuvé un budget s’élevant à 169,5 milliards d’euros en crédits d’engagement et 170,6 milliards d’euros en crédits de paiement.

Le processus d’adoption du budget a connu des heurts, car on craignait que le Conseil n’approuve pas une proposition plus ambitieuse du Parlement.

Bien que l’accord final ait été plus modeste que ne l’espérait le Parlement, l’un des grands gagnants des négociations a été le programme de recherche et d’innovation de l’UE, Horizon Europe.

Ce programme facilite la collaboration et renforce l’impact de la recherche et de l’innovation dans le développement, le soutien et la mise en œuvre des politiques de l’UE tout en s’attaquant aux défis mondiaux.

Au début des négociations, le Parlement a fait pression pour obtenir 305 millions d’euros supplémentaires par rapport au budget proposé par la Commission pour le programme de recherche de l’Union.

Au final, les eurodéputés ont tout de même convaincu les États membres d’allouer 100 millions d’euros supplémentaires à Horizon Europe, soit un peu moins que prévu. Dans le même temps, 50 millions d’euros supplémentaires ont été affectés au programme LIFE pour le climat et la biodiversité.

Cette décision a été saluée par l’eurodéputée verte Henrike Hahn, qui a indiqué sur Twitter que parvenir à la neutralité climatique d’ici 2050 n’était  possible  qu’avec un budget européen solide qui affecte davantage de fonds à la protection du climat, à la biodiversité ainsi qu’à la recherche et au développement.

Une nouvelle encourageante pour le secteur agricole

Selon Nora Hiller, analyste politique sur l’utilisation des terres et le climat à l’Institut pour une politique européenne de l’environnement (IPEE), cette nouvelle est déterminante pour le secteur agricole, car il s’agit de l’un des principaux domaines d’intervention du programme de recherche.

Elle a expliqué à EURACTIV que la nouvelle approche axée sur les « missions » d’Horizon Europe était conçue pour apporter des solutions concrètes à certains des défis les plus importants du secteur.

« Elles visent à offrir des avantages tangibles aux citoyens européens et à les engager dans la conception, la mise en œuvre et le suivi », a-t-elle expliqué.

Selon Mme Hiller, même si l’accord ne répond pas aux demandes initiales du Parlement, le résultat pour le secteur agricole est « globalement positif ».

Elle a également souligné que Horizon Europe joue un « rôle crucial dans la réalisation de changements systémiques » dans le secteur agricole.

La recherche reste cruciale pour réaliser les ambitions de l’UE en matière de durabilité, telles qu’elles sont décrites dans le Pacte vert de l’UE et dans sa politique phare en matière d’alimentation et d’agriculture, la stratégie « de la ferme à la fourchette» (Farm to Fork), ainsi que dans les engagements internationaux de l’Accord de Paris sur le climat.

« La recherche et l’innovation (R&I) jouent un rôle particulier dans ces stratégies, et ce notamment à la lumière du dernier rapport du GIEC. Le besoin d’innovation, tant sociale que technologique, est considérable », a-t-elle affirmé.

Elle a ajouté que cela était d’autant plus important que l’agriculture contribue de manière significative aux émissions de gaz à effet de serre (GES). Elle devait donc assumer sa part pour contribuer aux objectifs climatiques et environnementaux de l’UE.

Pour Mme Hiller, une réduction du budget d’Horizon Europe aurait eu un impact négatif sur le début des missions d’Horizon Europe. Cela aurait également fait peser une charge plus importante sur le programme de subventions agricoles de l’UE, la politique agricole commune (PAC), qui a d’ailleurs fait l’objet d’un accord mardi 23 novembre.

« La réduction du budget consacré à la recherche et à l’innovation de l’UE pousserait les États membres à compenser avec des financements nationaux », a-t-elle déclaré, ajoutant que, comme il existe des écarts importants au sein de l’UE en ce qui concerne les sommes allouées à la recherche et au développement (R&D) dans le domaine de l’agriculture et de l’alimentation, cela aurait risqué de les creuser davantage.

Priorités pour l’avenir

Pour l’avenir, Mme Hiller a dressé une liste des besoins et des lacunes en matière de recherche que les financements de Horizon Europe devraient combler.

Elle a souligné que la dégradation des sols était un domaine particulièrement critique pour lequel les fonds de recherche d’Horizon Europe pourraient être utilisés, soulignant qu’il était impératif de comprendre les « aspects complexes des fonctions et de la qualité des sols », ainsi que de faire progresser l’exploitation du carbone et la perte de nutriments.

« Il est absolument nécessaire de trouver des moyens efficaces de préserver la biodiversité des sols et de promouvoir la mise en œuvre de pratiques de gestion durable », a-t-elle souligné.

L’IPEE a également souligné la nécessité de soutenir la transition protéique, suggérant que des ressources soient consacrées à la réalisation d’évaluations fondées sur des preuves des avantages sanitaires et nutritionnels des régimes à faible teneur en protéines animales et à l’intégration efficace des cultures de légumineuses dans les systèmes agricoles, ainsi que dans les chaînes d’approvisionnement alimentaire courtes.

Mme Hiller a déclaré que les aspects sanitaires et nutritionnels de ces chaînes d’approvisionnement courtes étaient « insuffisamment étudiés » et méritaient une plus grande attention.

Enfin, elle a souligné la nécessité de développer des outils de contrôle de bonne qualité pour les ravageurs et les pesticides, ainsi que des méthodes pour stimuler la protection naturelle des cultures par « l’aménagement du paysage et la protection biologique des cultures, en réduisant la résistance des ravageurs et en augmentant la résilience des plantes et des systèmes ».