Immigration irrégulière : lancement officiel du système de gestion des flux entre l’Italie et l’Albanie
Mercredi 16 octobre, l’Albanie a accueilli un premier groupe de migrants dans le cadre de la nouvelle politique controversée de l’Italie. Le sujet migratoire dominera largement la réunion du Conseil européen jeudi 17 et vendredi 18 octobre.
Mercredi 16 octobre, l’Albanie a accueilli un premier groupe de migrants dans le cadre de la nouvelle politique controversée de l’Italie. Le sujet migratoire dominera largement la réunion du Conseil européen jeudi 17 et vendredi 18 octobre.
Après une traversée de deux jours, le navire de la marine italienne Libra est arrivé dans le port albanais de Shëngjin, avec à son bord 16 migrants originaires d’Égypte et du Bangladesh secourus par les autorités italiennes.
Il s’agit du premier transfert effectué dans le cadre du nouveau système italien de gestion des flux migratoires, mis en place par le gouvernement de la Première ministre Giorgia Meloni.
Les migrants seront identifiés et leurs empreintes digitales seront relevées dans un hotspot nouvellement construit et financé par l’Italie.
Une fois leur demande d’asile traitée, ils devront attendre le verdict dans un second centre à Gjadër, qui dispose d’une installation d’accueil de 880 lits pour les demandeurs d’asile et d’un centre de rapatriement de 144 lits pour ceux dont la demande a été rejetée, en attendant leur expulsion — si leur pays d’origine accepte de les accueillir à son tour.
Cette première opération dans le cadre de l’accord entre l’Italie et l’Albanie intervient juste avant le sommet du Conseil européen de Bruxelles, où la question de l’immigration devrait dominer l’ordre du jour.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a écrit dans une lettre adressée aux dirigeants de l’UE lundi 14 octobre, que « le lancement des opérations prévues par le protocole Italie-Albanie nous permettra de tirer des enseignements pratiques de cette expérience ».
Elle a exhorté les gouvernements de l’UE à explorer des approches novatrices en matière d’immigration irrégulière et a suggéré que l’UE continue d’étudier la possibilité d’établir des centres de détention en dehors de l’Union.
Le ministre des Affaires étrangères et vice-premier ministre italien, Antonio Tajani, a défendu l’accord face aux critiques de l’opposition.
« Cet accord entre l’Italie et l’Albanie est reconnu comme un modèle par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a déclaré qu’il devrait être considéré comme un exemple positif pour traiter la question des migrants », a déclaré Antonio Tajani lors d’une interview accordée à RTL 102.5 mercredi.
« C’est un investissement pour lutter contre l’immigration illégale, le trafic d’êtres humains et pour rapatrier ceux qui n’ont pas le droit de venir en Italie. C’est un choix audacieux et pratique qui gagne le soutien de toute l’Union européenne », a ajouté le ministre des Affaires étrangères de l’Italie.
Mais les militants et les organisations de défense des droits humains ont également fait part de leurs inquiétudes.
Alors qu’un petit groupe d’activistes a protesté dans le port avec des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Le rêve européen s’arrête ici », Amnesty International a qualifié les centres d’« expérience cruelle qui entache le gouvernement italien », tandis que Médecins Sans Frontières a exprimé de « sérieuses préoccupations en matière de droits humains » au sujet de cette nouvelle stratégie.
Giorgia Meloni, pour sa part, a rejeté les critiques, expliquant au Sénat, mardi, dans un discours précédant le sommet de l’UE, que le modèle italo-albanais était « une approche nouvelle, courageuse et sans précédent qui incarne l’esprit européen et peut être reproduite avec d’autres pays tiers ».