Interdiction des importations ukrainiennes : Kiev insiste sur la sécurité de ses produits agricoles
Le vice-ministre ukrainien de l’Agriculture a indiqué à EURACTIV que les produits agricoles ukrainiens étaient sûrs et conformes aux normes de sécurité de l’UE, alors qu’un accord a été conclu pour mettre fin à l’interdiction des importations de produits agricoles ukrainiens.
Lors d’un entretien exclusif accordé à EURACTIV, le vice-ministre ukrainien de l’Agriculture a souligné que les produits agricoles ukrainiens étaient sûrs et conformes aux normes de sécurité de l’UE, alors qu’un accord a été conclu avec les pays de l’UE les plus touchés par l’afflux de produits ukrainiens pour mettre fin à l’interdiction des importations de produits agricoles ukrainiens.
La décision unilatérale de quatre États membres de l’UE — Pologne, Hongrie, Slovaquie, Bulgarie — d’arrêter l’importation de produits agricoles ukrainiens est survenue après que les mesures de l’UE conçues pour augmenter les importations en provenance du pays en guerre ont poussé les agriculteurs de ces pays au bord du gouffre. La Roumanie s’est elle aussi jointe aux demandes des quatre États, sans pour autant imposer de restrictions.
Bien qu’un accord de principe ait été conclu entre la Commission européenne et ces cinq pays pour reprendre les échanges samedi (29 avril), des interrogations subsistent quant à la manière dont seront abordées les préoccupations relatives aux risques sanitaires potentiels pour les êtres humains, ainsi que pour les animaux et les plantes.
Selon certaines informations, 1 500 tonnes de blé importées d’Ukraine en Slovaquie contenaient du chlorpyrifos, un pesticide interdit dans l’UE depuis 2020, bien qu’il ne soit pas destiné au marché intérieur de l’UE, mais à des pays tiers.
De même, la Pologne a fait part de ses inquiétudes concernant les produits phytosanitaires, soulignant qu’elle avait lancé plusieurs alertes via le système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF), conçu pour tenir les autres pays au courant des risques potentiels à venir.
Interrogé sur ces préoccupations, le vice-ministre ukrainien de l’Agriculture, Markiyan Dmytrasevych, s’est voulu rassurant.
« Depuis 2016, lorsque nous avons signé l’accord d’association, nous mettons en œuvre toutes les normes de sécurité de l’UE », a-t-il indiqué à EURACTIV lors d’un entretien, ajoutant que la première année d’expérience du pays en matière de libre-échange était une « réussite ».
« Les aliments ukrainiens sont de bonne qualité, et [sont d’une] qualité acceptable pour l’UE [ainsi que] les consommateurs européens », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il n’y avait « aucune inquiétude [à avoir] concernant la sécurité des aliments ukrainiens ».
Bien que le ministre ait reconnu la nécessité de développer davantage le système de sécurité alimentaire interne de l’Ukraine, il est convaincu que cela ne posera pas de problème à l’avenir.
« Je suis sûr que ce ne sera pas un obstacle qui nous empêchera d’entrer dans l’Union européenne », a-t-il déclaré.
Des exportations essentielles
Le ministre a mis l’accent l’importance de ces exportations agricoles vers l’UE, insistant sur le fait qu’elles sont essentielles à la survie du secteur agricole ukrainien.
« Nous comprenons les difficultés auxquelles sont confrontés nos voisins », a-t-il déclaré, « mais en même temps, l’Ukraine est en guerre et ces exportations sont cruciales pour nous, […] pour notre survie ».
Soulignant que le secteur agricole est l’une des « plus grandes parties de l’économie ukrainienne », le vice-ministre a déclaré qu’il était « très important » de donner aux agriculteurs ukrainiens la possibilité de vendre leurs produits, en particulier au moment où les semailles et les récoltes commencent.
Des « discussions difficiles » en perspective
En ce qui concerne l’adhésion du pays à l’Union européenne, le vice-ministre a reconnu qu’il serait difficile d’adapter le système agricole ukrainien à celui de l’UE.
« Il est tout à fait compréhensible pour nous, et aussi pour l’UE, que nous devions trouver un modèle de compromis pour adapter le secteur agricole ukrainien au secteur agricole européen », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il était conscient que « d’âpres discussions » auraient lieu à l’avenir.
« Notre priorité est de devenir membre de l’UE — c’est crucial pour l’Ukraine », a-t-il indiqué, avant d’ajouter que, comme il est sûr que « tous les pays européens comprennent » qu’il s’agit d’une étape vitale pour la sécurité future de l’UE, il est « confiant » dans la possibilité de trouver un compromis.