Italie : mobilisation massive en soutien à Gaza

Lundi 22 septembre, une grève générale a été organisée en Italie par des syndicats de gauche contre le « génocide en Palestine » et les livraisons d’armes italiennes à Israël.

EURACTIV Italie
Nationwide strike in Italy in support of the Palestinian people
Des manifestants défilent lors d'une grève nationale en solidarité avec les Palestiniens et pour demander l'arrêt des livraisons d'armes à Israël, à Gênes, en Italie, le 22 septembre 2025. [EPA/LUCA ZENNARO]

La mobilisation, à laquelle se sont joints les secteurs public et privé, avait pour objectif de dénoncer la guerre à Gaza et de soutenir la flottille internationale Sumud, en route pour l’enclave afin de distribuer de l’aide alimentaire. Elle visait également à s’opposer à l’augmentation des dépenses militaires envisagée par Rome et à dénoncer les mauvaises conditions de travail, entre autres.

Le transport a été largement touché : les bus, métros et trains ont été fortement perturbés, tandis que les principaux ports et lignes ferroviaires ont été bloqués.

Des manifestations ont eu lieu dans au moins 65 villes, rassemblant des étudiants, des enseignants, des travailleurs de la santé et des employés portuaires. À Milan, les manifestations autour de la gare centrale ont dégénéré en affrontements avec la police, qui a riposté avec des gaz lacrymogènes. À Bologne, les manifestants ont bloqué l’autoroute pendant des heures, tandis qu’à Rome, une marche a atteint le périphérique de la ville.

Les dirigeants syndicaux affirment que jusqu’à un demi-million de personnes avaient participé à la grève, paralysant 90 % des transports publics et la moitié des services ferroviaires dans le pays.

« Si la flottille est bloquée, nous sommes prêts à tout arrêter à nouveau », a averti Francesco Staccioli, du syndicat USB.

Le président du Sénat, Ignazio La Russa, du parti Fratelli d’Italia de la Première ministre Giorgia Meloni, a vivement critiqué les manifestations, les qualifiant de « guérilla urbaine ». Il a déclaré que la police, les citoyens et les travailleurs avaient été « pris en otage pendant des heures par l’occupation des autoroutes et des gares » et par « la violence inacceptable de centaines de criminels qui se disent pacifistes ».

Le Mouvement cinq étoiles (gauche), qui a pris part aux manifestations, a quant à lui condamné « les actes de violence de quelques fauteurs de troubles ». Selon le parti, la mobilisation était « pacifique ».

Cette mobilisation massive coïncide également avec la reprise du débat autour de la reconnaissance de l’État palestinien. Alors que la France et d’autres pays s’orientent vers une reconnaissance, l’Italie l’a pour l’instant exclue.

Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a fait valoir la semaine dernière que Rome « ne peut reconnaître un État qui ne reconnaît pas Israël ou qui n’est pas lui-même reconnu par Israël ».

(asg)