Kaja Kallas affirme que les dirigeants de l’UE ont accepté de signer l’accord avec le Mercosur, contredisant António Costa

La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité a déclaré que les dirigeants européens avaient décidé jeudi 23 octobre de signer l’accord commercial avec les pays du Mercosur, contredisant directement le président du Conseil européen sur ce point.

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La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas. [Getty Images/Viktor Kovalchuk_Global Images Ukraine]

Les remarques Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie européenne, contredisent directement les déclarations des chefs d’État et de gouvernement et de dirigeants de l’UE, comme le président du Conseil européen, António Costa. Ce dernier a par ailleurs minimisé la portée de l’accord commercial entre l’UE et le bloc sud-américain, finalisé au niveau politique lors de la réunion de jeudi.

« Hier, lors du Conseil européen, nous avons donné un mandat pour signer l’accord Mercosur », a affirmé Kaja Kallas sous les applaudissements lors du congrès de sa famille politique, l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe, qui s’est tenu vendredi 24 octobre à Bruxelles.

Ses commentaires rejoignent ceux du chancelier allemand Friedrich Merz à la fin de la réunion de jeudi, lorsqu’il a déclaré que les dirigeants avaient chargé leurs ambassadeurs de signer l’accord ce jour-là.

« Les Vingt-Sept ont convenu que les représentants permanents pouvaient signer. À cet égard, il s’agit d’un mandat clair », expliquait Friedrich Merz. Selon lui, le Parlement européen n’a plus qu’à ratifier le texte avant de signer « l’accord final » le 19 décembre.

Côté français, le président Emmanuel Macron a indiqué aux journalistes après le sommet que le travail continuait sur ce dossier.

Le chancelier Merz a fait pression pour que l’accord UE-Mercosur soit signé le plus rapidement possible, alors qu’Emmanuel Macron s’est montré plus prudent, en raison notamment de l’opposition du secteur agricole français. La France et d’autres pays réticents ont par ailleurs obtenu des garanties spéciales dans le cadre de l’accord afin de protéger les agriculteurs.

Le président du Conseil européen a réfuté les remarques de Friedrich Merz lors d’une conférence de presse organisée à l’issue du sommet européen. Interrogé directement sur les commentaires du chancelier allemand, António Costa a déclaré : « Nous n’avons pas eu de discussion à ce sujet […] nous n’avons rien décidé ».

Il a ajouté qu’il avait simplement demandé aux dirigeants de charger leurs ambassadeurs de résoudre les problèmes techniques liés à la traduction de l’accord.

Le chancelier autrichien Christian Stocker a réagi aux commentaires de son homologue allemand jeudi, indiquant que si un vote avait lieu dans la situation actuelle, il n’aurait d’autre choix que de « voter « non » », car il est « lié par une décision parlementaire ».

Interrogé par l’eurodéputée libérale allemande Svenja Hahn (Renew) sur ses commentaires concernant l’accord avec le Mercosur, Kaja Kallas a répondu : « Je pense que la compréhension est là, étant donné la vitesse à laquelle nous avons pu avancer [en quelques mois, NDLR] après 25 ans de négociations ».

Nicoletta Ionta a contribué à la rédaction de cet article.