Petite rébellion française au sein du PPE au sujet de l’accord UE-Mercosur
Quatre eurodéputés français du Parti populaire européen (PPE) se sont rangés aux côtés du président des Patriotes, Jordan Bardella, dans une tentative infructueuse de renverser la Commission européenne, affirmant avoir agi ainsi en raison de l’accord commercial avec le Mercosur.
Les résultats du vote sur la motion de censure montrent que quatre des six eurodéputés français du PPE — François-Xavier Bellamy, Christophe Gomart et Céline Imart (Les Républicains), ainsi que Laurent Castillo (Union des droites pour la République) — ont soutenu la motion de censure déposée par Jordan Bardella, défiant ainsi les instructions de leur groupe, le PPE, qui leur demandait de s’y opposer.
Le mois dernier, Jordan Bardella, qui dirige le groupe d’extrême droite Patriotes pour l’Europe au Parlement européen et est président du Rassemblement national (RN), a déposé une motion de censure contre la Commission von der Leyen II, citant l’accord commercial avec le Mercosur comme raison pour renverser l’exécutif européen.
Trois eurodéputés français du PPE, dont François-Xavier Bellamy, vice-président du groupe parlementaire du PPE et trésorier du parti paneuropéen PPE, ont voté en faveur de cette motion.
Son bureau a envoyé à Euractiv une déclaration critiquant la décision d’Ursula von der Leyen de faire adopter l’accord commercial avec le Mercosur sans demander l’approbation des parlements nationaux. « Nous ne pouvions pas contredire les engagements que nous avons pris pendant notre campagne et la lutte que nous menons sans relâche pour protéger en particulier nos agriculteurs », peut-on lire dans la déclaration qui souligne que la motion n’avait de toute façon « aucune chance » d’être adoptée.
Le président du PPE, l’Allemand Manfred Weber, avait dénoncé cette motion de censure lundi 6 octobre, y voyant une manœuvre « ridicule ». Il avait également accusé Jordan Bardella d’utiliser la Commission pour servir son agenda politique national, alors que le RN tente de renverser Emmanuel Macron et de déclencher de nouvelles élections.
Après la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu lundi, Jordan Bardella a appelé les Républicains à former un gouvernement avec le RN — un appel auquel le centre-droit n’a pas encore répondu.
Quant aux deux autres députés Républicains membres du PPE, Nadine Morano s’est abstenue et Isabelle Le Callennec n’a pas voté, bien qu’elle était présente dans l’hémicycle. Pour ce qui est des autres délégations nationales, le reste du PPE s’est largement aligné pour rejeter la motion de l’extrême droite, ainsi qu’une deuxième motion similaire émanant de La Gauche, qui a également échoué.
En juillet, lorsqu’un eurodéputé roumain du groupe d’extrême droite CRE avait tenté de renverser la Commission, le PPE avait exercé des pressions sur l’eurodéputé député slovène Branko Grims, membre du PPE, pour qu’il retire son soutien au texte avant le vote. Aucun autre membre du PPE n’a soutenu la motion de l’extrême droite.
En France, afficher son soutien à Ursula von der Leyen reste politiquement risqué pour la droite, où elle est souvent perçue comme proche d’Emmanuel Macron. L’été dernier, Les Républicains avaient annoncé qu’ils ne soutiendraient pas sa reconduction à la tête de la Commission, avant de finalement voter en faveur du nouvel exécutif européen en novembre.
Si François-Xavier Bellamy est issu de la même famille politique que la présidente de la Commission, il existe des désaccords politiques majeurs entre eux.
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(asg)