L'Europe divisée sur le plan de l'ONU pour le Kosovo [FR]
Les ministres européens des affaires étrangères n'ont pas trouvé de terrain d'entente concernant le plan de l'envoyé spécial de l'ONU, Martti Ahtisaari, sur le futur statut du Kosovo. Les divisions pourraient refaire surface au sein du Conseil de sécurité de l'ONU qui doit présenter une résolution sur le pays.
Les ministres européens des affaires étrangères n’ont pas trouvé de terrain d’entente concernant le plan de l’envoyé spécial de l’ONU, Martti Ahtisaari, sur le futur statut du Kosovo. Les divisions pourraient refaire surface au sein du Conseil de sécurité de l’ONU qui doit présenter une résolution sur le pays.
Au cours d’une réunion informelle (Gymnish) tenue à Brême les 30 et 31 mars 2007, les ministres des affaires étrangères se sont montrés désunis concernant le plan de l’ONU pour le Kosovo. Les Etats membres ne sont pas parvenus à un accord sur une position commune relative à la proposition de Martti Ahtisaari, qui prévoit une forme d’indépendance supervisée du Kosovo, mais sur un soutien général plus important aux efforts déployés par l’envoyé spécial des Nations Unies.
La division se reflètera probablement au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, qui doit adopter une résolution sur le futur statut du Kosovo dans les semaines à venir. Quatre Etats membres sont actuellement représentés au sein de l’organe de l’ONU; la France et le Royaume-Uni de façon permanente, l’Italie et la Slovaquie de façon non-permanente.
La Slovaquie, l’Espagne et la Grèce ont émis des réserves sur l’indépendance de la province ethnique albanaise de la Serbie, de peur de créer un précédent pour d’autres régions européennes ayant des ambitions sécessionnistes.
Le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a souligné que « la stabilité et la sécurité au Kosovo étaient essentielles pour les intérêts de l’Europe en matière de sécurité ».
Le commissaire à l’élargissement, Olli Rehn, avait averti les Etats membres de l’UE la semaine dernière que « le statu quo n’était pas une situation viable » au Kosovo. S’adressant au Parlement européen, il a estimé que l’aide financière internationale s’élèverait à 1,3-1,5 milliards d’euros pour les trois premières années.
Bien que les conclusions de la décision du Conseil de sécurité des Nations Unies restent ouvertes, les membres permanents la Russie et la Chine se montrant en faveur d’une solution qui conviendrait à la Serbie, l’UE se prépare déjà à son futur rôle éventuel dans la région.
Dans un rapport commun présenté lors de la réunion des ministres des affaires étrangères, le haut représentant de l’UE, Javier Solana, et le commissaire Olli Rehn ont présenté l’état des préparations de la future présence européenne et internationale éventuelle au Kosovo, selon le plan de M.Ahtisaari. Javier Solana et Olli Rehn prévoient une présence internationale, qui supervisera l’indépendance du Kosovo, par l’intermédiaire d’un représentant civil international, qui sera également le représentant spécial de l’UE.
Olli Rehn a déclaré que le rôle de l’UE au Kosovo constituerait « la plus importante opération civile de gestion de crise jamais organisée par l’UE », ajoutant : « C’est la raison pour laquelle il s’agit d’une épreuve très importante pour la politique étrangère de sécurité commune de l’UE ».