L'ONU appelle les pays riches à résoudre la crise mondiale de l'eau [FR]
La pauvreté, l'énergie et l'inégalité, et non la pénurie, sont au coeur de la crise mondiale de l'eau, estiment les Nations Unies dans leur rapport 2006 sur le développement humain.
La pauvreté, l’énergie et l’inégalité, et non la pénurie, sont au coeur de la crise mondiale de l’eau, estiment les Nations Unies dans leur rapport 2006 sur le développement humain.
Le 9 novembre 2006, les Nations Unies ont rapporté que 1,2 milliard de personnes dans le monde, principalement en Afrique et dans les régions pauvres, n’ont pas accès à l’eau potable et 2,6 milliards ne vivent pas dans des conditions sanitaires salubres.
L’ONU prévient que la croissance de la population mondiale ne fera qu’accentuer cette lutte pour l’accès à l’eau dans les décennies à venir. Le rapport souligne que « d’ici 2025, plus de 3 milliards de personnes pourraient vivre dans des pays soumis au stress hydrique et 14 pays passeront du stade de stress hydrique à celui de pénurie en eau, ranimant le spectre des « guerres pour l’accès à l’eau ».
De façon plus surprenante, ce rapport rejette l’idée que la crise est surtout due à la pénurie physique de l’approvisionnement en eau. « Les racines de la crise de l’eau sont imputables tant à la pauvreté, l’inégalité et au déséquilibre des rapports de force, qu’à des politiques de gestion de l’eau défaillantes qui aggravent cette pénurie ».
Le rapport a appelé le G8 à montrer la voie « pour résoudre une crise hydrique et sanitaire qui entraîne chaque année le décès de près de 2 millions d’enfants ».
Le caractère inadapté du système de prix pour l’approvisionnement en eau est l’une des raisons avancées par le rapport. « La fixation des prix de l’eau reflète une logique simple et perverse : plus vous êtes pauvres, plus vous payez ».
Ce constat ne réconfortera guère l’UE, qui a encouragé un engagement toujours plus grand du secteur privé dans la distribution de l’eau au travers d’un accord sur l’eau (ACP-UE Water Facility), conclu en mai 2004 avec les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique).
Cet accord encourage les acteurs de la société civile, des secteurs privé et public à collaborer afin de promouvoir une bonne gouvernance dans la gestion de l’eau. Il a cependant été vivement critiqué par les ONG, qui lui ont reproché de favoriser l’expansion du secteur privé dans la distribution de l’eau.