L'UE déplore l'attaque du Kosovo aux frontières serbes
L'Union européenne a déploré hier (26 juillet) l'« action unilatérale » entreprise par Pristina pour affirmer son contrôle des frontières dans la partie nord du Kosovo, habitée par des Serbes. Un officier a été tué durant ces opérations. BETA, partenaire d'EURACTIV en Serbie, a contribué à cet article.
L'Union européenne a déploré hier (26 juillet) l'« action unilatérale » entreprise par Pristina pour affirmer son contrôle des frontières dans la partie nord du Kosovo, habitée par des Serbes. Un officier a été tué durant ces opérations. BETA, partenaire d'EURACTIV en Serbie, a contribué à cet article.
Un officier de police kosovar est mort hier (26 juillet) après avoir été gravement blessé lors d'une tentative ratée des forces du gouvernement kosovar d'ethnie albanaise de prendre le contrôle de deux postes-frontières dans une zone habitée par l'ethnie serbe, a déclaré la police. Un autre officier a été blessé par une grenade mais ses jours ne sont pas en danger.
Ces scènes de violence sont survenues alors que la police kosovare tentait pendant la nuit de s'emparer des postes-frontières de la région septentrionale de Mitrovica, aux mains des Serbes (voir « Contexte »). Cette action avait pour objectif de mettre fin à différents trafics et d'étendre le pouvoir du gouvernement plus au nord du pays. Les autorités ne fournissent en effet aucun service et ne collectent aucun impôt dans cette région.
Les Rosa, unités spéciales de la police kosovare, ont pris le passage administratif de Brnjak dans une zone dominée par les Serbes dans la nuit du 25 au 26 juillet. Cette action a poussé les forces serbes à bloquer la route menant au poste de contrôle.
La police s'est ensuite retirée aux environs de 13 heures, lorsqu'un accord a pu être conclu entre les deux parties.
Après l'incident, les forces du KFOR de l'OTAN sont arrivées sur place et ont pris en charge le poste de contrôle de Brnjak.
Ce raid de la police spéciale avec des véhicules blindés a été lancé sur les ordres du premier ministre, Hashim Thaci, après que son gouvernement a interdit tous les produits serbes et que la Serbie a refusé d'accepter les timbres douaniers kosovars nécessaires pour le commerce transfrontalier.
Cette opération n'était « pas utile » et ne s'est pas décidée en consultation avec la mission EULEX de l'UE au Kosovo, a déclaré Maja Kociajancic, la porte-parole de la haute représentante de l'UE, Catherine Ashton.
Rumeurs
Mme Kociajancic a insisté sur le fait que malgré des rumeurs selon lesquelles les Etats-Unis avait soutenu Pristina dans ses tentatives d'imposer son autorité au nord du Kosovo, la communauté occidentale n'avait en aucun cas approuvé l'action unilatérale menée par les forces kosovares. Elle a déclaré qu'il était urgent de rétablir un statu quo.
Mme Ashton a publié un communiqué mardi, affirmant avoir parlé au président serbe, Boris Tadic, et au premier ministre kosovar, Hashim Thaçi, leur demandant de calmer les tensions.
Elle a également souligné que les efforts devraient se concentrer sur la résolution des problèmes via le dialogue facilité par l'UE lancé en mars et qui a mené à la signature du premier accord technique entre les deux pays il y a trois semaines.
Le responsable des négociations pour la Serbie, Borislav Stefanovic, a annoncé hier qu'il avait obtenu le retour des forces spéciales kosovares à Pristina dans la matinée du 27 juillet ainsi que la levée de tous les blocages routiers au nord du Kosovo. Cet accord a été négocié lors d'une réunion avec le commandant du KFOR, Erhard Bueler, selon l'agence BETA.
M. Stefanovic a expliqué qu'un autre volet de l'accord impliquait le retour de la police d'ethnie serbe du Kosovo aux postes de contrôle de Jarinje et de Brnjak, qui séparent le Kosovo de la Serbie. Ces forces de police d'ethnie serbe reviendront donc à l'endroit où elles se trouvaient avant que la police spéciale kosovare ne tente de prendre ces postes de contrôle.
Un embargo « inutile »
Cet affrontement marque l'apogée des tensions, qui se sont intensifiées la semaine dernière. Des camions transportant des marchandises en provenance de Serbie vers le Kosovo ont été bloqués durant cinq jours au passage de Merdare, une zone déserte qui sépare les deux pays.
Ces camions n'ont pas pu entrer au Kosovo, car Pristina avait décidé unilatéralement d'interdire les importations serbes à partir du 20 juillet. La situation a également empêché des voyageurs de traverser la frontière.
Les autorités serbes ont vivement critiqué cet embargo, le qualifiant de nouvelle violation de l'Accord de libre-échange de l'Europe centrale soutenu par l'UE, dont la Serbie et le Kosovo sont tous deux des signataires.
L'UE a tout de suite déploré l'embargo imposé par Pristina, soulignant qu'une action unilatérale ne résoudrait pas les problèmes.