L'UE envisage un embargo pétrolier en Syrie

Les forces syriennes auraient attaqué une région tribale à l'est du pays aujourd'hui (25 août), intensifiant ainsi la répression des manifestations en faveur de la démocratie. L'Union européenne envisage dès lors d'imposer des sanctions au secteur pétrolier dès la semaine prochaine.

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Les forces syriennes auraient attaqué une région tribale à l'est du pays aujourd'hui (25 août), intensifiant ainsi la répression des manifestations en faveur de la démocratie. L'Union européenne envisage dès lors d'imposer des sanctions au secteur pétrolier dès la semaine prochaine.

Une série de discussions a eu lieu à Bruxelles cette semaine lors de laquelle les Etats membres de l'UE ne se sont pas opposés à une interdiction des importations de brut syrien afin de soutenir une décision prise par les Etats-Unis quelques jours avant.

Ces mesures, si elles sont approuvées, ne devraient toutefois pas empêcher les compagnies pétrolières européennes, comme Royal Dutch Shell ou Total, de continuer à produire du brut en Syrie via leurs entreprises communes.

Les 27 gouvernements de l'UE se sont mis d'accord vendredi dernier pour envisager de nouvelles sanctions à l'encontre de Bashar al-Assad, après cinq mois d'une répression musclée des manifestations pro-démocratie, lors desquelles 2 200 civils ont été tués selon les Nations Unies.

La défaite de Mouammar Kadhafi en Libye pourrait encourager les pays occidentaux à intensifier leurs mesures contre M. al-Assad, qui met en œuvre des politiques parallèles de renforcement de ses liens avec l'Iran et la guérilla libanaise chiite, tout en réclamant des pourparlers de paix avec Israël et en acceptant les propositions européennes et américaines, une condition à sa réhabilitation sur la scène internationale.

Un haut diplomate basé au Moyen-Orient a déclaré qu'un embargo sur le pétrole pourrait miner les alliances commerciales entre la famille au pouvoir, issue de la minorité syrienne alaouite, la classe marchande sunnite, influente à Damas, et la plaque tournante d'Aleppo qui ne soutient généralement pas les soulèvements de la population.

La Syrie exporte plus d'un tiers de ses 380 000 barils quotidiens de pétrole brut vers l'Europe, principalement en Espagne, en France, en Italie, et aux Pays-Bas. La Syrie orientale, notamment le nord-est kurde, produit tout le pétrole du pays.

D'éventuelles perturbations tariraient une source majeure de devises étrangères qui permettent de financer les services de sécurité et réduiraient les fonds à la disposition d'al-Assad pour récompenser les loyalistes et continuer ses actes de répression qui ont fait 2 200 morts jusqu'à présent selon les Nations Unies.

L'agence de presse officielle du pays a cité al-Assad comme disant aux religieux loyalistes, lors de l'iftar du ramadan, que l'Occident faisait pression sur la Syrie pour qu'elle abandonne la bataille, « ce qui n'arrivera pas, car le peuple syrien a choisi d'être indépendant dans ses choix ».

Lors d'un entretien diffusé à la télévision publique cette semaine, al-Assad a déclaré que les manifestations étaient à présent des « actes de violence armée ». Les autorités ont mis cette violence sur le compte des « groupes terroristes armés », qui selon elles ont tué un nombre indéterminé de civils ainsi que 500 soldats et policiers.

Human Rights Watch a mentionné dans un récent rapport que les morts de civils rapportées par les associations des droits de l'Homme syriennes avaient été provoquées dans des circonstances où les forces syriennes n'étaient aucunement menacées. 

La Ligue arabe a affirmé qu'elle organiserait une réunion d'urgence samedi (27 août) pour discuter de la Syrie, mais aucun Etat arabe ne s'est dit désireux d'imposer des sanctions régionales au pouvoir syrien.

EURACTIV avec Reuters – Article EURACTIV traduit de l'anglais par Amandine Gillet