L'UE et les Etats-Unis veulent la démission de Bashar al-Assad

L'UE et l'administration Obama devraient demander de démissionner au président syrien, Bashar al-Assad, ont affirmé des sources de Washington à Reuters.

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L'UE et l'administration Obama devraient demander de démissionner au président syrien, Bashar al-Assad, ont affirmé des sources de Washington à Reuters.

Ces sources, qui se sont exprimées sous le couvert de l'anonymat, ont déclaré que les Etats-Unis pourraient également proposer d'imposer de nouvelles sanctions à la Syrie, dont le gouvernement s'est engagé dans une répression violente des manifestants souhaitant mettre un terme aux 41 ans de règne de Bashar al-Assad et de son père, Hafez al-Assad.

Elles ont affirmé que l'appel américain à la démission de M. al-Assad pourrait survenir jeudi et serait rapidement suivi de déclarations similaires, notamment de la part de l'UE.

L'UE a imposés ses premières sanctions au président Assad en mai dernier afin de le pousser à mettre un terme à la répression des dissidents. Les ministres des affaires étrangères avaient alors décidé, lors d'une réunion à Bruxelles, d'ajouter M. Assad et d'autres représentants du pays à la liste des personnes frappées par des interdictions de voyager et des gels d'actifs.

Depuis le début des manifestations contre son règne en mars, inspirées par les révoltes qui ont renversé les dirigeants autocratiques en Tunisie et en Egypte, l'UE et les Etats-Unis se rapprochent de plus en plus d'une demande explicite de démission à M. Assad.

Les Etats-Unis espéraient que M. Assad revoie sa politique et lance des réformes démocratiques, une éventualité que les Américains semblent aujourd'hui avoir écartée.

La semaine dernière, des représentants officiels des Etats-Unis ont affirmé que Barack Obama s'apprêtait à demander explicitement le départ de M. Assad, mais qu'il voulait que d'autres nations fassent de même.

Fin des opérations militaires contre les manifestants ?

Les Nations Unies ont déclaré hier (17 août) que M. Assad avait dit au secrétaire générale de l'ONU, Ban Ki-moon, que les opérations militaires et de police contre les manifestants avaient cessé.

Lors d'une conversation téléphonique avec M. Assad, Ban Ki-moon s'est dit alarmé des violations des droits de l'Homme et de l’usage excessif de la force par l’armée syrienne contre les civils, notamment dans le quartier de Al Ramel à Latakia, une ville qui abrite des milliers de réfugiés palestiniens, ont déclaré les Nations Unies dans un communiqué.

La répression exercée par le gouvernement syrien aurait entraîné la mort d'au moins 2 000 civils. Les autorités semblent avoir intensifié leurs efforts pour mettre un terme aux manifestations au cours des dernières semaines.

Les troupes syriennes ont maintenu en détention des centaines de personnes dans un stade de la ville portuaire de Latakia mercredi, on affirmé des résidents. Ils ont expliqué que les forces syriennes avaient débarqué dans la zone sunnite de la ville assiégée, arrêtant des centaines de personnes pour les emmener au stade après avoir envahi la ville avec des tanks pour stopper les manifestations.

Latakia revêt une signification particulière pour M. Assad qui fait partie de la minorité alaouite de la Syrie. M. Assad vient d'un village du sud-est où son père a été enterré et sa famille, ainsi que ses amis, contrôlent le port de Latakia et ses finances.

Lors d'un entretien accordé à CBS Evening News la semaine dernière, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a affirmé que les Etats-Unis souhaitaient que d'autres nations demandent également le départ de M. Assad et prennent des initiatives concrètes pour lutter contre son régime.

M. Obama s'est entretenu samedi avec le roi saoudien Abdullah et le premier ministre britannique, David Cameron. Lors des deux conversations, le premier sujet mentionné dans les résumés des appels fournis par la Maison Blanche était la Syrie.

EURACTIV avec Reuters – Article EURACTIV traduit de l'anglais par Amandine Gillet