L'UE impose un embargo sur le pétrole et le gaz à la Libye
L'Union européenne s'est mise d'accord hier (12 avril) pour étendre ses sanctions à l'encontre de la Libye en imposant un gel des actifs à toutes les sociétés énergétiques du pays afin de forcer le leader libyen, Mouammar Kadhafi, à abandonner le pouvoir.
L'Union européenne s'est mise d'accord hier (12 avril) pour étendre ses sanctions à l'encontre de la Libye en imposant un gel des actifs à toutes les sociétés énergétiques du pays afin de forcer le leader libyen, Mouammar Kadhafi, à abandonner le pouvoir.
Ces mesures supplémentaires affectent 11 entreprises énergétiques, les seules sociétés du secteur pétrolier et gazier en Libye qui devaient encore subir des sanctions. 46 entreprises au total subissent donc aujourd'hui des sanctions imposées par l'UE.
Trente-huit personnes de la garde rapprochée de Kadhafi doivent également faire face à une interdiction de voyager vers l'UE et à un gel d'actifs.
Suite à une réunion à Luxembourg, les ministres de l'UE ont prévenu Kadhafi que des mesures plus punitives pourraient être imposées dans un futur proche pour l'empêcher d'avoir accès à des liquidités.
« Les Etats membres continueront à priver le régime de tous les fonds issus des exportations de pétrole et de gaz », ont-ils expliqué dans une déclaration. « [Ils] prendront davantage de mesures si nécessaire ».
Au moins 10 Etats membres de l'UE participent aux opérations menées par l'OTAN à l'encontre des forces loyales à Kadhafi pour la mise en place de la zone d'exclusion aérienne en Libye et de l'embargo sur les armes ainsi que pour mener des frappes aériennes visant les infrastructures militaires.
L'Union pourrait également lancer une mission humanitaire avec le soutien de l'armée afin d'apporter de la nourriture et des abris, entre autres, dans les camps de réfugiés aux frontières tunisiennes et égyptiennes qui accueillent des personnes qui ont fui la violence en Libye.
Cette mission pourrait aussi être utilisée pour sécuriser le transport de marchandises vers la Libye, en particulier dans la ville de Misrata à l'ouest qui est assiégée par les forces de Kadhafi depuis des semaines.
L'UE doit encore terminer la planification de la mission et attend que le bureau pour la coordination de l'aide humanitaire des Nations unies fasse une requête officielle.
Le Royaume-Uni veut une force de frappe plus puissante
La Grande-Bretagne veut que l'OTAN dispose d'une force de frappe plus puissante en Libye mais l'intensification des attaques dépendra de ce que feront les forces de Mouammar Kadhafi, a déclaré William Hague, le ministre britannique des affaires étrangères.
Interviewé par Reuters lorsqu'il s'est rendu aujourd'hui (13 avril) à la réunion internationale sur la crise libyenne au Qatar, M. Hague a appelé à un renforcement des sanctions à l'encontre du gouvernement libyen et à une déclaration claire signifiant que Kadhafi doit partir.
La réunion de Doha abordera également la manière dont les pays doivent donner de l'argent pour satisfaire les besoins essentiels des régions aux mains de l'opposition, a expliqué M. Hague à bord d'un avion pour Doha tard ce mardi.
« Nous avons envoyé plus d'avions d'attaque au sol afin de protéger les civils. Nous espérons que d'autres pays feront de même si cela se révèle nécessaire », a dit M. Hague.
« Nous souhaiterions une augmentation continue de notre capacité [avec l'OTAN] à protéger les civils en Libye », a-t-il ajouté.
Le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré mardi que l'OTAN devrait en faire davantage pour détruire les armes lourdes de Kadhafi. Les rebelles libyens ont également fait savoir que l'alliance n'en faisait pas assez.
Le ministre français de la défense, Gérard Longuet, s'est plaint que Paris et Londres, les pays qui ont lancé les premières salves contre le régime de Kadhafi le 19 mars, supportent l' « essentiel » de l'effort de la coalition internationale, a rapporté l'AFP.
Les Etats-Unis, qui ont au début joué un rôle de meneur dans la mise en place de la zone d'exclusion aérienne, se sont retirés des frappes au sol contre les forces de Kadhafi alors que plusieurs alliés européens, comme l'Italie, mettent des restrictions sur l'utilisation de leurs avions de guerre en Libye.
La Grande-Bretagne souhaiterait que davantage de pays de l'OTAN s'impliquent pour pouvoir frapper des cibles au sol, a déclaré une source du gouvernement.
L'acolyte de Kadhafi en négociateur ?
Moussa Koussa, l'ancien ministre libyen des affaires étrangères qui a fui en Grande-Bretagne le mois dernier, s'est également rendu à Doha pour rencontrer les rebelles en marge de la réunion du groupe de contact international sur la Libye.
La police écossaise a interrogé l'ancien chef des services secrets sur l'attentat de Lockerbie en 1988 qui avait coûté la vie à 270 personnes, mais la Grande-Bretagne a déclaré mardi qu'il était libre de voyager, ce qui a suscité des critiques de la part des familles des victimes.
M. Hague a défendu cette décision en affirmant : « Si une personne n'est pas en état d'arrestation, elle est bien évidemment libre de se déplacer ».