L'UE pourrait proposer une extension du protocole de Kyoto

L'UE pourrait proposer de sauver le protocole de Kyoto et assurer l'avenir du mécanisme pour un développement propre (MDP) au-delà de 2012, affirment des négociateurs gouvernementaux et des observateurs.

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L'UE pourrait proposer de sauver le protocole de Kyoto et assurer l'avenir du mécanisme pour un développement propre (MDP) au-delà de 2012, affirment des négociateurs gouvernementaux et des observateurs.

Les représentants de l'UE décideront ces prochaines semaines  s’ils soutiendront ou non une extension de ce traité sur le climat, à la condition qu'il expire en 2018 et soit remplacé par un accord établissant des plafonds pour les émissions des principaux pays.

Si les 27 Etats donnent leur accord, l'UE pourrait annoncer ce projet lors de la réunion de l'ONU sur le climat en Afrique du Sud en novembre, afin de mettre un terme à une situation dans l'impasse depuis quatre ans s'agissant de l'avenir du protocole.

Un tel accord pourrait renforcer la confiance dans le MDP, pour lequel les nouveaux investissements ont été divisés par cinq par rapport au niveau record de l'an dernier, étant donné que les négociateurs de l'ONU ont assorti le futur du système de compensations de nouveaux objectifs dans le cadre de Kyoto.

« Il ne s'agit pas encore de la position officielle de l'UE, même si cette idée fait son chemin depuis quelques mois », a déclaré un éminent négociateur européen, qui s'est exprimé sous le couvert de l'anonymat.

« De nombreuses parties prenantes souhaitent maintenir le protocole de Kyoto et son système de règles. Il est peut-être possible de sauvegarder ces règles, mais pas de ratifier [une seconde période] », a-t-il ajouté.

Les dirigeants de l'UE discuteront de cette proposition en amont d'une réunion des ministres de l'environnement en octobre, lors de laquelle l'Union devrait se mettre d'accord sur une position collective de négociations pour les discussions qui auront lieu à Durban en novembre.

Plus tôt cette année, l'UE a refusé l’offre de pays en développement de signer unilatéralement pour une seconde période du protocole de Kyoto en échange d'une extension du MDP qui encadre les quotas utilisés par les Etats membres s'agissant d'atteindre leurs objectifs en termes d'émissions.

Depuis lors, l'UE, qui refuse une extension de Kyoto sans des engagements de la part des autres grandes nations comme la Chine, l'Inde et les Etats-Unis, envisage d'autres possibilités.

Kyoto ou rien

« La ratification [d'une seconde période pour Kyoto] prendra des années aux pays », a déclaré Mark Lynas, conseiller climatique auprès du président des Maldives, une région vulnérable face à l'augmentation du niveau de la mer, effet secondaire du réchauffement planétaire.  

« Il faudra une sorte d'arrangement juridique de transition pour maintenir les mécanismes de Kyoto en vigueur, ou une sorte de période de suspens jusqu'à la conclusion d'un accord pour une nouvelle période », a-t-il expliqué.

Il pourrait également être possible de laisser en place le système de contrôle strict du pacte ainsi que les marchés du carbone sans pour autant conclure tout de suite un accord international.

Les groupes écologistes et les pays en développement souhaitent que la seconde phase de Kyoto préserve le système de contrôle indépendant des réductions d'émissions plutôt qu'un système volontaire de « promesses vérifiables » (« pledge-and-review system ») pour lequel les plus gros émetteurs de carbone font pression sans pour autant en avoir défini les règles.

Le Canada, la Russie et le Japon ont exclu de ratifier une seconde période d'objectifs, et ce malgré les centaines de millions de dollars dépensés par le gouvernement japonais pour acheter des crédits de carbone de Kyoto et respecter les plafonds.

« Ces membres de l'UE [soutenant le projet] ne veulent pas tuer le protocole de Kyoto », a affirmé Hans Verolme, un consultant allemand qui travaille pour des groupes environnementaux tels que WWF.

« Ce que je veux dire, c'est qu'une décision sera prise à Durban où les pays se rendront pour négocier un accord juridiquement contraignant dans le cadre de l'action concertée à long terme », a-t-il ajouté, faisant référence au forum de négociation qui comprend les Etats-Unis, pays ne fait pas partie du protocole de Kyoto.

EURACTIV avec Reuters – Article EURACTIV traduit de l'anglais par Amandine Gillet