« La Belgique n’est pas un endroit sûr pour la politique » : Eva Kaili vole au secours de Federica Mogherini

Eva Kaili, ancienne vice-présidente du Parlement européen et suspecte dans l’enquête du Qatargate, a pris la défense de l’ancienne cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini après que cette dernière a été mise en cause dans une enquête pour fraude révélée par Euractiv.

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Eva Kaili [Getty Images/Dursun Aydemir_Anadolu Agency ]

« Je suis choquée », a confié Eva Kaili au quotidien italien La Stampa, commentant l’annonce de la mise en détention provisoire de Federica Mogherini. « Il me semble que cette opération vise l’Italie. Elle peut détruire des carrières politiques et créer des interférences avant même que les preuves ne soient présentées. »

Federica Mogherini a été placée en détention mardi 2 décembre après que la police belge a mené une série de perquisitions au Collège d’Europe à Bruges, au Service européen pour l’action extérieure (SEAE) — le bas diplomatique de l’UE — à Bruxelles, ainsi que dans des domiciles privés.

Les procureurs soupçonnent Federica Mogherini d’avoir collaboré avec Stefano Sannino, haut fonctionnaire de la Commission, en 2021 et 2022 afin d’attribuer un marché public pour l’Académie diplomatique de l’UE au Collège d’Europe. Ils restent présumés innocents pendant que l’enquête se poursuit.

Federica Mogherini n’est pas seulement la rectrice du Collège, elle dirige également l’Académie depuis son lancement en 2022.

« Nous devons séparer la politique des abus de justice », a insisté Eva Kaili à propos des enquêtes belges, arguant que « la Belgique n’est pas un endroit sûr pour la politique et les Italiens ».

L’ancienne eurodéputée grecque, a été arrêtée à Bruxelles en décembre 2022 en raison de soupçons de participation à une organisation criminelle, de corruption et de blanchiment d’argent.

Les enquêteurs belges suspectent le Qatar, le Maroc et d’autres pays d’avoir cherché à influencer les décisions du Parlement européen par le biais de paiements en espèces et de cadeaux aux législateurs ou à leurs assistants. Eva Kaili a toujours nié toute malversation.

« Je suis attristée que mon propre cas ne nous ait pas suffisamment servi de leçon et que les mêmes erreurs continuent d’être commises, sans que cela ne dissuade personne », a ajouté la Grecque.

Eva Kaili s’est récemment lancée dans une tournée promotionnelle en Italie, où elle a présenté son récit de l’affaire de corruption aux médias locaux et mis en lumière ce qu’elle considère comme des irrégularités procédurales dans l’enquête belge.

Dans la jungle bruxelloise : perquisitions, arrestations et nouvelle crise de crédibilité pour l’UE | Euractiv FR