La Belgique prépare ses ports à l’importation massive d’hydrogène vert

La ministre belge de l'Énergie, Tinne Van der Straeten, a annoncé mardi (26 septembre) le lancement d’un appel à projets visant à préparer les ports belges à l’importation d’hydrogène vert.

/ Euractiv France
Transport, Telecommunications and Energy Council in Luxembourg
(De gauche à droite) Robert Habeck, ministre allemand de l'Économie et de la Protection du climat, et Tinne Van der Straeten, ministre belge de l'Énergie, assistent au Conseil « Transports, télécommunications et énergie » à Luxembourg, le 27 juin 2022. [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

La ministre belge de l’Énergie, Tinne Van der Straeten, a annoncé mardi (26 septembre) le lancement d’un appel à projets visant à préparer les ports belges à l’importation d’hydrogène vert.

Cet appel à projet sera lancé au mois d’octobre et prévoit un budget de 10 millions d’euros, selon le média belge L’Echo. Il cible notamment le port d’Anvers-Bruges et ambitionne de devenir la porte d’entrée de l’hydrogène vert en Europe. 

En raison de sa position géographique, le port d’Anvers-Bruges est déjà un carrefour majeur de l’énergie en Europe. Relié aux parcs éoliens en mer du Nord, il assure également l’acheminement de 10 % du gaz consommé sur le continent. 

L’UE souhaite développer massivement l’hydrogène décarboné, à hauteur de 10 millions produits sur son sol et 10 millions importés d’ici à 2030, tel que prévu dans le programme REPowerEU de réduction de la dépendance européenne aux énergies fossiles russes. 

Pour y contribuer, la Belgique a adopté en 2021 une stratégie nationale sur l’hydrogène, afin de « positionner la Belgique comme un hub d’import et de transit en Europe pour l’hydrogène vert » et d’en faire un pays « leader dans les technologies de l’hydrogène ». 

En octobre 2022, le Premier ministre belge Alexander De Croo insistait sur la capacité à “faire de la Belgique la porte d’entrée pour l’hydrogène en Europe ».

D’ailleurs, le pays dispose déjà d’une fenêtre sur l’international grâce au mémorandum d’entente (MoU) signé avec le Chili. Les deux pays s’étaient mis d’accord sur la mise en place d’un corridor pour le transport d’hydrogène vert ou de ses dérivés, produits au Chili et acheminés vers les ports belges. 

Construire les infrastructures

Se pose désormais la question des infrastructures.

En commission Énergie de la Chambre de représentants de Belgique mardi, la ministre a souligné la nécessité d’investir dans la logistique d’importation de cette énergie.

« Si nous voulons garder une industrie en Belgique, il faut avoir une industrie décarbonée, et donc disposer des infrastructures nécessaires », a-t-elle déclaré.

À cette fin, Bruxelles et Berlin avaient déjà annoncé vouloir interconnecter leurs futures infrastructures d’hydrogène au plus tard en 2028. 

La question du transport de l’hydrogène est d’autant plus actuelle que le 14 septembre, la major pétro-gazière TotalEnergies a annoncé vouloir acheter 500 000 tonnes d’hydrogène vert par an d’ici 2030 pour décarboner ses six raffineries européennes.

Une part très importante de cet hydrogène vert devrait être destiné à sa raffinerie d’Anvers, ce qui entraînera l’importation d’énormes volumes en Belgique, a souligné l’Echo.