La crise politique turque s'aggrave [FR]
Le seul candidat présidentiel, le ministre des affaires étrangères et islamiste modéré, Abdullah Gül, s'est retiré des élections, n'ayant pas recueilli un nombre suffisant de voix au second tour suite au boycott de l'opposition laïque.
Le seul candidat présidentiel, le ministre des affaires étrangères et islamiste modéré, Abdullah Gül, s’est retiré des élections, n’ayant pas recueilli un nombre suffisant de voix au second tour suite au boycott de l’opposition laïque.
Le 6 mai 2007, le ministre des affaires étrangères, Abdullah Gül, a déclaré que le clivage permanent entre le parti AKP au pouvoir et l’opposition laïque avait compromis la capacité du parlement à élire un président. Il a également indiqué que l’unique solution était que le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, propose un amendement à la Constitution afin que le président puisse être directement élu par le peuple.
Abdullah Gül a confié aux journalistes : « Le deuxième tour ne présente aucun intérêt. Le parlement est une voie sans issue. Il serait souhaitable maintenant de permettre au peuple d’élire le président. Ces tours inutiles ont nuit à l’honneur du parlement ».
Plus tard dans la journée, une commission parlementaire a approuvé un amendement à la Constitution permettant au président d’être élu au suffrage universel et non par les députés. Les propositions visant à réduire le mandat du président de 7 à 5 ans renouvelables et à tenir des élections législatives tous les quatre ans au lieu de cinq sont actuellement en débat au parlement.
Le 5 mai 2007, Abdullah Gül a confié au Financial Times que la population le soutenait à 70% : « C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de nous tourner vers le peuple ».
La semaine dernière, le parlement a approuvé la tenue d’élections législatives anticipées le 22 juillet 2007. Le commissaire chargé de l’élargissement, Olli Rehn, a salué cette initiative, déclarant qu’il « garantirait la stabilité politique et l’établissement de la démocratie en Turquie ».
La division marquée entre le parti islamiste modéré en place (AKP) et l’opposition laïque a plongé la Turquie dans une crise profonde. L’opposition reproche au gouvernement de mettre en danger les traditions laïques du pays en proposant un candidat à la présidentielle dont l’épouse porte le voile.