La dette italienne atteint un niveau sans précédent

La dette publique de l’Italie a atteint un niveau sans précédent en juin avec près de 2000 milliards d’euros. Son déficit budgétaire annuel est également plus important que l’année dernière, principalement en raison de la participation du pays au renflouement d’autres Etats membres de la zone euro, a annoncé la banque centrale.

EURACTIV.fr / Reuters
Mario Montio July 2012.jpg
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La dette publique de l’Italie a atteint un niveau sans précédent en juin avec près de 2000 milliards d’euros. Son déficit budgétaire annuel est également plus important que l’année dernière, principalement en raison de la participation du pays au renflouement d’autres Etats membres de la zone euro, a annoncé la banque centrale.

Fin juin, la dette publique italienne a augmenté de 6,6 milliards d'euros pour atteindre 1973 milliards d'euros, a indiqué hier (13 août) la Banque d'Italie. Les réserves du Trésor en liquidités ont quant à elles augmenté de 10,3 milliards d'euros.

Le taux de rendement des obligations italiennes est resté proche des 6 % malgré les mesures d'austérité introduites par le gouvernement de Mario Monti.

Alors que le pays s'enfonce dans une récession profonde, les marchés restent sceptiques quant à sa capacité de réduire une dette équivalente à presque 123 % de son PIB, le niveau le plus élevé de la zone euro après la Grèce.

L'économie s'est contractée de 0,7 % au second trimestre et le produit intérieur brut a diminué de 2,5 % par rapport à l'année dernière.

Autre indication inquiétante pour les finances publiques : la Banque d'Italie a fait savoir qu'au premier semestre, le déficit budgétaire annuel (47,7 milliards d'euros) avait augmenté de 1,1 milliard d'euros par rapport à la même période en 2011.

Cela s'explique par l'augmentation des dépenses visant à secourir d'autres pays membres de la zone euro, qui sont passées de 6,1 à 16,6 milliards d'euros entre janvier et juin 2011.

L'Italie est elle-même sous pression et pourrait réclamer l'aide du fonds de sauvetage européen, une initiative largement perçue comme le seul moyen de réduire ses coûts d'emprunt qui ont explosé ces derniers mois. Jusqu'à présent, le gouvernement a toutefois refusé cette solution.

Les coûts d'emprunt de l'Italie à un an ont légèrement augmenté lors d'une émission de titres hier. Le sentiment d'incertitude quant à l'intervention potentielle de la Banque centrale européenne pour soulager la dette du pays et de la région a freiné la prise de risque.

Rome souhaite ramener son déficit de 3,9 % en 2011 à 1,7 % cette année, un objectif ambitieux qui, selon le ministre de l'économie, Vittorio Grilli, ne sera pas atteint.

M. Grilli a exhorté la BCE à agir rapidement pour faire baisser le taux de rendement de l'Italie et déclaré qu'aucune nouvelle condition politique ne devrait être imposée à son pays.