La droite allemande mijote une stratégie pour la zone euro

Les conservateurs allemands sont appelés à se prononcer sur une motion qui tente de faire l’équilibre entre les avancées fédéralistes et le renforcement des sanctions à l’encontre des États qui ne jouent pas le jeu de l’Union monétaire.

EURACTIV.fr
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Les conservateurs allemands sont appelés à se prononcer sur une motion qui tente de faire l’équilibre entre les avancées fédéralistes et le renforcement des sanctions à l’encontre des États qui ne jouent pas le jeu de l’Union monétaire.

Depuis le début de la crise des dettes souveraines, l’Europe est à l’heure allemande et vice-versa. Réunis les 14 et 15 novembre à Leipzig, les membres de la CDU (parti chrétien-démocrate) seront appelés à se prononcer une motion  intitulée «une Europe forte : un bel avenir pour l’Allemagne».

Le texte a fait l’objet de fortes dissensions au sein de la famille politique d’Angela Merkel, partagée entre l’aile dure eurosceptique et le courant pro-européen.

La motion devra donc trancher la question visant à exclure de la zone euro tout pays ne respectant pas les règles d’équilibre budgétaire.

La droite cherche par ailleurs à muscler l’application du Pacte de stabilité, violé à de nombreuses reprises depuis la fin des années 90, sans que les États n’acceptent la mise en oeuvre des sanctions financières pourtant prévues par le texte.

Convergence budgétaire

« Paris et Berlin n’ont pas respecté le pacte dans le passé, ce qui a été une erreur », a admis Wolfgang Schaüble, ministre allemand des Finances dans un entretien au Monde daté du 13 novembre. « On constate aujourd’hui qu’une politique monétaire commune et le Pacte de stabilité et de croissance ne suffisent pas. Il faut créer des structures politiques qui feront converger les politiques budgétaires », a-t-il ajouté.

La motion exige le renforcement des pouvoirs de la Cour de justice de l’Union européenne, qui devrait pouvoir punir les États refusant de se subordonner aux règles de l’Union monétaire. La procédure retenue jusqu’ici repose uniquement sur des sanctions soumises à l’approbation des États pour espérer être mises en œuvre, ce qui politise le débat.

Evoquée depuis des mois, la règle d’or fait également partie des propositions allemandes. Les eurobonds, en revanche, sont écartés du texte, pendant que le rachat de dettes souveraines par la Banque centrale européenne est strictement limité à une action de « dernier recours », rapporte la Tribune.

La branche europhile des chrétiens-démocrates appelle par ailleurs à une modification des Traités afin de fédéraliser davantage les institutions européennes. C’est le cas de M. Schaüble. Au-delà d’ « une politique budgétaire commune et d’une amélioration de la compétitivité des différentes économies », le ministre appelle à l’élection au suffrage universel du président de la Commission européenne.