La Grèce va réformer son agence d’aides à l’agriculture, après une enquête européenne

La Grèce va réformer son agence de subventions agricoles, au cœur d’une importante enquête de l’UE portant sur des paiements illégaux, a annoncé mercredi 28 mai le Premier ministre Kyriákos Mitsotákis.

EURACTIV France avec AFP
Hands with fertile soil and euro money banknotes
Les enquêteurs ont indiqué qu’« un nombre important » de personnes avaient obtenu des droits à paiements entre 2019 et 2022, principalement en revendiquant faussement des terrains publics. [Getty Images/stevanovicigor]

La Grèce va réformer son agence de subventions agricoles, au cœur d’une importante enquête de l’UE portant sur des paiements illégaux, a annoncé mercredi 28 mai le Premier ministre Kyriákos Mitsotákis.

Kyriákos Mitsotákis a déclaré que l’autorité grecque de paiement des aides de la politique agricole commune (OPEKEPE) serait placée sous la tutelle de l’autorité fiscale grecque AADE.

« Le gouvernement prend la décision de rétablir pleinement la justice et la transparence dans le secteur crucial des subventions agricoles, et je suis convaincu que l’ensemble du secteur primaire comprendra l’importance de ce choix », a indiqué Kyriákos Mitsotákis à son cabinet.

« Nous sommes ici pour réparer les torts commis pendant des décennies », a-t-il ajouté.

Le ministère de l’Agriculture a affirmé que la réforme serait achevée d’ici à la fin de l’année.

Vendredi dernier, le ministre de l’Agriculture, Costas Tsiaras, a limogé le directeur de l’OPEKEPE, le juge à la retraite Nikolaos Salatas, après une perquisition dans les bureaux de l’agence publique, au cours de laquelle les enquêteurs de l’UE ont constaté un « manque de coopération sincère ».

Le Parquet européen (EPPO) a déclaré la semaine dernière dans un communiqué que « la collecte de preuves numériques au siège de l’OPEKEPE s’était avérée particulièrement difficile et avait été considérablement retardée » jusqu’aux premières heures de la matinée.

Les enquêteurs ont indiqué qu’« un nombre important » de personnes avaient obtenu des droits à paiements entre 2019 et 2022, principalement en revendiquant faussement des terrains publics.

Les fausses déclarations ont persisté jusqu’en 2024, selon le communiqué.

« Ces pratiques illégales pourraient avoir été organisées de manière systématique avec la participation de fonctionnaires [de l’OPEKEPE] », a-t-il ajouté.

La période sur laquelle porte l’enquête se situe principalement pendant le mandat du gouvernement actuel, arrivé au pouvoir en juillet 2019.

Mardi, Costas Tsiaras a précisé que l’OPEKEPE distribuait plus de 3 milliards d’euros (3,4 milliards de dollars) par an, dont la majeure partie est destinée à 680 000 personnes.

Nikolaos Salatas avait été nommé il y a moins de quatre mois. Il était la sixième personne à diriger l’agence au cours des cinq dernières années.