La nouvelle PAC doit tenir compte des jeunes agriculteurs
Selon le président du Conseil européen des jeunes agriculteurs, les débats sur la réforme de la PAC ne tiennent pas suffisamment compte des jeunes générations, qui éprouvent pourtant des difficultés à démarrer leur activité.
Selon le président du Conseil européen des jeunes agriculteurs, les débats sur la réforme de la PAC ne tiennent pas suffisamment compte des jeunes générations, qui éprouvent pourtant des difficultés à démarrer leur activité.
Alors que les discussions sont en cours pour la réforme de la PAC après 2013, les jeunes agriculteurs demandent à être écoutés.
Selon le président du Conseil européen des jeunes agriculteurs (CEJA), Joris Baecke, seulement 6% des agriculteurs ont moins de 35 ans et 1/3 d’entre eux plus de 65 ans. « Si vous voulez de l’innovation dans le secteur, ne demandez pas aux 32% qui aurait déjà du prendre leur retraite de le faire », s’est-il exclamé, lors d’une interview accordée à EURACTIV.com.
Selon lui, le premier objectif de la future PAC devrait être d’assurer le renouvellement générationnel de la profession en veillant à ce que les personnes motivées soient soutenues durant leurs premières années d’activité.
Difficultés au démarrage
En effet, démarrer une exploitation aujourd’hui s’avère plutôt risqué.
Tout d’abord, il faut acheter la terre, qui est rare et dont le prix augmente. Il faut ensuite acheter les machines. Mais l’accès au crédit est difficile pour les plus jeunes, dont le capital ne permet pas d’assurer le remboursement des prêts. Par ailleurs, les rendements sur le capital sont généralement faibles et les retours sur investissements ne viennent pas tout de suite, explique-t-il.
Enfin, la volatilité croissante des prix affecte la stabilité des activités et rend les jeunes agriculteurs encore plus vulnérables. « Si vous venez juste de commencer, vous n’avez aucun moyen d’absorber les imperfections du marché ou de gérer les périodes de bas prix », souligne-t-il.
Plus de soutien
Selon lui, les mesures ciblées sur les jeunes agriculteurs dans le second pilier de la PAC (développement rural) « ne répondent pas clairement pas aux besoins ». 3% des financements de ce pilier sont attribués aux jeunes fermiers, « mais ils ne sont pas utilisés, ou pleinement utilisés, dans de nombreux États membres ».
La prochaine génération va réaliser les objectifs de la future Politique agricole commune, « mais nous devons veiller à ce qu’elle puisse intégrer le secteur ».
Selon le CEJA, la part relative des cofinancements entre l’UE et par les États membres pourrait être modifiée pour montrer l’importance des jeunes agriculteurs. Dans le second pilier, au lieu d’une part fixée à 50% chacun, le CEJA préconise un cofinancement de 80% pour l’UE et de 20% pour les États membres.
Mais les 20% financés par les États membres resteraient les mêmes qu’aujourd’hui, explique Joris Baecke. « Cela représenterait bien plus que le doublement du soutien aux jeunes agriculteurs ».
Lire l’intégralité de l’interview sur EURACTIV.com