La Pologne indécise sur les OGM

Le président polonais vient de mettre son véto à une loi autorisant les organismes génétiquement modifiés (OGM), même si, officiellement, il n’est pas opposé à leur utilisation.

EURACTIV.fr
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Le président polonais vient de mettre son véto à une loi autorisant les organismes génétiquement modifiés (OGM), même si, officiellement, il n’est pas opposé à leur utilisation.

Le débat sur les OGM est récurrent en Pologne et va continuer avec le refus du président Bronislaw Komorowski (Plateforme civique, PO, centre droit) de signer la nouvelle loi encadrant leur utilisation. Alors que ce sont des députés de son parti qui ont écrit et voté le texte. 

Lors de la précédente législature, le parti Droit et Justice du défunt président Lech Kaczynski avait fait totalement interdire leur usage dans le pays. Cette décision visait à plaire à l’opinion publique, les Polonais étant largement opposés à ces cultures.

Clauses de sauvegarde

Sauf que cette interdiction contrevient au droit européen. Varsovie cherche donc aujourd’hui à se mettre en règle. 

Actuellement, la mise sur le marché d’une nouvelle plante génétiquement modifiée se décide au niveau européen.

Les États ne peuvent s’y opposer chez eux qu’en utilisant une clause de sauvegarde. Ce que font par exemple l’Autriche ou la Hongrie.

Opposition citoyenne

Les députés polonais (issus majoritairement du parti du Président et du Premier ministre) ont ainsi voté en juillet dernier une nouvelle loi autorisant les OGM et jugée par certains beaucoup trop favorable.

L’opposition populaire a été importante et une pétition a été signée par 25 000 personnes. Des manifestations ont eu lieu à Varsovie. 

Retour à la Sejm

Cette loi n’entrera probablement pas en application. Après avoir consulté de nombreux experts, le président de la République a décidé de ne pas signer le texte et de le renvoyer devant la chambre basse, la Sejm. Ce que n’a pas manqué de critiquer le ministre de l’Agriculture

Selon le M. Komorowski, les dispositions du nouveau texte sont toujours contraires au droit européen et la consultation populaire a été insuffisante alors qu’elle est « nécessaire ». Il a tenu à souligner que des amendements très favorables aux OGM avaient été ajoutés au dernier moment, ce qui n’était pas « une bonne pratique législative ». 

Il a toutefois précisé qu’il n’était pas, à titre personnel, opposé à la culture d’organismes génétiquement modifiés et qu’aucune preuve n’avait établi leur dangerosité.

Si son veto est accepté par les députés, il devra proposer lui-même une nouvelle version du texte.

Débat européen

Le 9 octobre prochain, les polonais éliront leur nouveau parlement. Le début de la campagne électorale pourrait en partie expliquer les tergiversations de Komorowski. Le premier ministre sortant, Donald Tusk, issu du même parti, est actuellement en tête des sondages avec 39% des voix. 

De son côté, l’Union européenne travaille sur une modification de la législation sur les OGM, qui donnerait plus de grande marge de manœuvre aux États pour les interdire ou autoriser.