La présence du Kosovo pourrait provoquer un boycott du sommet de Varsovie

Les présidents de la Serbie, de la Roumanie et de la Slovaquie ont menacé de boycotter un sommet des pays d'Europe centrale et du Sud-est, qui doit avoir lieu à Varsovie les 27 et 28 mai en présence du président des Etats-Unis, Barack Obama, du fait de la participation du président du Kosovo.

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Les présidents de la Serbie, de la Roumanie et de la Slovaquie ont menacé de boycotter un sommet des pays d'Europe centrale et du Sud-est, qui doit avoir lieu à Varsovie les 27 et 28 mai en présence du président des Etats-Unis, Barack Obama, du fait de la participation du président du Kosovo.

Le paroxysme du sommet de Varsovie, organisé par le président polonais Bronis?aw Komorowski, sera la participation du président américain, Barack Obama, qui effectue actuellement un tour d'Europe.

Mais cet évènement de haut rang, le 17e du genre, risque fort de rester dans les mémoires pour la menace de boycott formulée par les chefs d'Etat serbe, roumain et slovaque.

« Le président serbe, Boris Tadi?, ne participera pas au sommet des pays d'Europe centrale et du Sud-est, car le Kosovo sera présenté sur un pied d'égalité », peut-on lire dans une déclaration publiée sur le site officiel du président.

Cette décision est conforme à celle du gouvernement serbe et à la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'ONU, et les mesures prises par le président serbe doivent être fidèles à ces documents, peut-on encore lire dans la déclaration.

La résolution du CSNU, adoptée le 10 juin 1999, plaçait l'ancienne république serbe sous administration intérimaire de l'ONU. Elle autorisait également l'ONU a mettre en place un processus politique pour déterminer l'avenir du Kosovo. Le Kosovo a néanmoins déclaré unilatéralement son indépendance en 2008 (voir « Contexte »).

La Roumanie et la Slovaquie ont informé les organisateurs du sommet de Varsovie qu'ils ne participeraient pas non plus à un évènement où étaient également invités des hauts fonctionnaires kosovars, a déclaré un conseiller du président polonais, cité dans la presse.

Les présidents roumain, Traian Basescu, et slovaque, Ivan Gasparovic, ont tous deux annulé leur voyage à Varsovie, ont annoncé leurs administrations respectives hier (24 mai).

Pour expliquer les raisons de cette décision, les médias polonais ont rappelé que la Roumanie et la Slovaquie faisaient partie des cinq pays de l'UE à n'avoir pas reconnu la proclamation unilatérale d'indépendance du Kosovo. Ils ne pouvaient donc pas accepter le fait que la présidente kosovare, Atifete Jahjaga, ait été invitée à participer au sommet au même titre que les autres chefs d'Etat.

Atifete Jahjaga, née en 1975, est la première présidente de sexe féminin et non partisane du Kosovo. Avant son élection, le 7 avril, elle était directrice adjointe des forces de police du pays, au rang de major-général, le plus haut rang jamais porté par une femme en Europe du Sud-est.

Mme Jahjaga a été élue suite à un scandale impliquant les deux précédents présidents, Fatmir Sejdiu et Behgjet Pacolli. Ce dernier n'est d'ailleurs resté en poste que quelques jours.

Le conseiller du président polonais a déclaré que son pays comprenait la décision de la Slovaquie et de la Roumanie, mais a précisé qu'il n'y avait aucune raison que Varsovie n'invite pas un représentant ou la présidente du Kosovo au sommet.

Le ministre polonais des affaires étrangères, Rados?aw Sikorski, a souligné que la Pologne avait reconnu l'indépendance du Kosovo, ce qui explique l'invitation de la dirigeante du pays au sommet.

A partir du 1er juillet, la Pologne assumera la présidence tournante de l'UE.

Un arrangement ?

Toutefois, plus tard dans la soirée, l'agence de presse slovaque, TASR, a publié un communiqué annonçant que le président Gasparovic participerait au sommet de Varsovie.

Selon le porte-parole du gouvernement, Marek Trubac, les autorités polonaises ont accepté qu'il n'y ait aucun symbole, blason, drapeau national ou inscription « République du Kosovo », et qu'aucune déclaration commune ne soit adoptée avec la signature de la présidente intérimaire du pays.

Apparemment, cet arrangement pourrait permettre aux présidents roumain et serbe de participer, même si peu d'informations avaient été communiquées à ce sujet avant la publication de cet article.

Lors des autres évènements auxquels le Kosovo a participé comme acteur régional avec la Serbie, des ruses diplomatiques ont été utilisées, comme l'absence de drapeaux, ou l'appellation des participants par leur nom et non par leur titre.

Par ailleurs, selon le quotidien polonais Gazeta Wyborcza, M. Obama annoncera le déploiement d'une escadrille d'avions de chasse F-16 dans la ville polonaise de Lask au cours de sa visite dans le pays.