La Roumanie et la Bulgarie rejoindront pleinement l’espace Schengen au 1er janvier 2025
Après plus d’une décennie de débats et d’opposition, les ministres de l’Intérieur de l’UE ont décidé ce jeudi 12 décembre de lever les contrôles aux frontières terrestres intérieures avec et entre la Bulgarie et la Roumanie, leur permettant ainsi de rejoindre pleinement l’espace Schengen.
Après plus d’une décennie de débats et d’opposition, les ministres de l’Intérieur de l’UE ont décidé jeudi 12 décembre de lever les contrôles aux frontières terrestres intérieures avec et entre la Bulgarie et la Roumanie, leur permettant ainsi de rejoindre pleinement l’espace Schengen.
L’espace territorial défini par les accords de Schengen, signés en 1985 et instaurés depuis 1995, est considéré comme l’une des plus grandes réussites de l’UE, car il permet à ses citoyens de voyager entre les États membres sans être soumis à un seul contrôle.
La décision de lever les restrictions pour la Bulgarie et la Roumanie a été prise lors du Conseil « Affaires intérieures » de jeudi, organisé par la présidence hongroise du Conseil de l’Union européenne (UE). Cette levée des restrictions avait été décrite par Sándor Pintér, ministre hongrois de l’Intérieur, comme une « priorité absolue ».
La Bulgarie et la Roumanie, membres de l’UE depuis 2007, ont finalement obtenu un accès complet à l’espace Schengen après des années d’opposition de la part de plusieurs États membres, notamment de l’Autriche, qui a longtemps fait part de ses inquiétudes concernant l’immigration et les entrées irrégulières.
« La décision d’aujourd’hui est une reconnaissance de nos efforts de longue haleine et des progrès accomplis », a affirmé le président roumain Klaus Iohannis sur X, revenant sur un parcours qui a commencé en 2011 lorsque la Commission européenne a déclaré pour la première fois que les deux pays étaient prêts à adhérer à l’espace Schengen.
En décembre 2023, le Conseil avait déjà adopté une décision partielle d’accès à l’espace Schengen aérien et maritime pour les deux pays, qui est entrée en vigueur en mars dernier.
En effet, la Bulgarie et la Roumanie avaient intégré, en mars 2024, l’espace Schengen avec une levée des contrôles pour le trafic aérien et maritime. Les contrôles terrestres avaient pour leur part été maintenus en raison du veto de l’Autriche, qui estimait que l’immigration clandestine était encore trop importante.
Le mois dernier, Vienne a levé son veto de longue date, reconnaissant les progrès significatifs réalisés par Sofia et Bucarest dans la lutte contre l’immigration irrégulière — ouvrant ainsi la voie à leur adhésion pleine et entière au système Schengen.
Toutefois, les contrôles aux frontières intérieures se poursuivront aux frontières terrestres entre la Roumanie et la Bulgarie, ainsi qu’entre la Hongrie et la Roumanie, pendant une période d’au moins six mois, afin d’atténuer les « changements potentiels dans les schémas migratoires dus à la suppression des frontières intérieures ».
Malgré ces progrès, cette décision intervient alors que plusieurs États membres, dont l’Autriche, l’Italie, la Norvège, l’Allemagne, la France et la Pologne, ont rétabli les contrôles aux frontières, remettant en cause ce que le commissaire chargé des Affaires intérieures et de l’immigration, Magnus Brunner, a qualifié de « réalisation la plus tangible » de l’Union.
[Édité par Anna Martino]