La zone euro court un risque réel de récession technique, prévient la BCE

La zone euro pourrait bientôt entrer dans une légère récession technique après deux mois consécutifs de contraction économique, a prévenu mercredi le vice-président de la BCE, Luis de Guindos.

EURACTIV avec l'EFE
Vice President of the ECB attends conference in Madrid
Le vice-président de la Banque centrale européenne Luis de Guindosà Madrid en septembre 2022. [EPA-EFE/CHEMA MOYA]

La zone euro pourrait bientôt entrer dans une légère récession technique après deux mois consécutifs de contraction économique, a prévenu mercredi le vice-président de la BCE, Luis de Guindos.

Lors d’une conférence de presse organisée au sein de la Banque centrale européenne, à Francfort, son vice-président Luis de Guindos, du parti populaire (PPE), a mis en garde contre un risque accru pour la stabilité financière lors de la présentation du rapport semestriel de la BCE sur la stabilité financière, a rapporté EFE, partenaire d’EURACTIV.

Une récession technique qui surviendrait après deux trimestres consécutifs de croissance négative du PIB réel. « Les gens et les entreprises ressentent déjà l’impact de la hausse de l’inflation et du ralentissement de l’activité économique », a déclaré M. de Guindos.

« Notre analyse est que les risques pour la stabilité financière ont augmenté, tandis qu’une récession technique dans la zone euro est plus probable », a expliqué le vice-président de la BCE.

« Dans le même temps, les conditions financières se sont resserrées alors que les banques centrales agissent pour contrôler l’inflation », a-t-il prévenu. La BCE a commencé à augmenter ses taux d’intérêt en juillet. Ils se situent actuellement à 2 %, mais seront encore revus à la hausse, anticipent les experts.

Les ménages, les entreprises et les gouvernements endettés de la zone euro sont les plus exposés aux risques financiers si les taux d’intérêt continuent de grimper.

Les marchés financiers sont également à risque, en particulier certains fonds d’investissement. Les problèmes pourraient apparaître simultanément et se renforcer mutuellement, a mis en garde la BCE.

Les entreprises de l’UE sont également confrontées à davantage de difficultés « en raison de la hausse des prix de l’énergie et d’autres coûts des intrants » et leurs bénéfices diminueront en raison de la hausse des coûts de financement.

« Si les perspectives se détériorent encore, une augmentation de la fréquence des faillites d’entreprises, en particulier pour celles à forte intensité énergétique, ne peut être exclue », a prévenu la BCE.