L’accord commercial UE-Inde bénéfique pour les voitures, le vin et l’huile d’olive européens
L’UE et l’Inde ont conclu mardi 27 janvier un accord commercial majeur, mettant fin à près de deux décennies de négociations ardues. Le texte prévoit une baisse substantielle des droits de douane indiens sur plusieurs exportations clés de l’UE, notamment les voitures, les machines, le vin et les spiritueux.
Cet accord intervient dans un contexte de fortes turbulences du commerce mondial, alors que Bruxelles cherche activement à diversifier ses partenariats économiques. Il lie l’UE au pays le plus peuplé du monde, fort de 1,45 milliard d’habitants, et à l’une des économies affichant la croissance la plus rapide, avec un PIB estimé à 3 500 milliards d’euros.
Avec ce que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié de « mère de tous les accords », Bruxelles a persuadé l’une des économies les plus protectionnistes au monde de réduire les droits de douane sur de nombreux produits.
La Commission a déclaré que cet accord constituait « l’ouverture commerciale la plus ambitieuse que l’Inde ait jamais accordée à un partenaire commercial ».
Cet accord réduit considérablement les droits de douane sur les voitures européennes, qui passent de 110 % à 10 % dans le cadre d’un contingent de 250 000 véhicules. Les droits de douane sur les pièces automobiles seront réduits à zéro au cours des cinq à dix prochaines années.
Les droits de douane pouvant atteindre 44 % sur les machines (principale exportation de l’UE vers l’Inde), 22 % sur les produits chimiques et 11 % sur les produits pharmaceutiques seront pour la plupart supprimés d’ici une décennie, a déclaré la Commission.
Dans le domaine agroalimentaire, la plupart des produits ont été exclus des négociations, comme nous l’avions précédemment rapporté. Par exemple, le bœuf, le poulet, le riz et le sucre ont été laissés de côté, et l’Union n’exportera pas de produits laitiers, reflétant ainsi les efforts de l’Inde pour protéger sa propre industrie.
L’UE a toutefois obtenu l’accès au marché pour les produits alimentaires et les boissons transformés.
Les droits de douane sur le vin passeront de 150 % à 75 % lorsque l’accord entrera en vigueur, avant d’être progressivement réduits à 20 % sur plusieurs années. Les droits de douane tout aussi élevés sur les spiritueux seront ramenés à 40 %, tandis que ceux sur la bière passeront de 110 % à 50 %.
Les fabricants d’huile d’olive devraient être les grands gagnants, avec des droits de douane passant de 45 % à zéro en cinq ans. Le pain et les autres produits de confiserie bénéficieront également d’un accès en franchise de droits.
L’accord comprend également un mécanisme de sauvegarde bilatéral, permettant une « réponse ciblée dans le cas improbable d’une perturbation du marché résultant directement de l’accord », a ajouté la Commission. Ce mécanisme suspendrait temporairement les concessions commerciales si elles avaient un impact négatif sur les producteurs en Inde ou dans l’UE.